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Conférences sur CAFI Bordeaux 2026 [Conférences]

Un exemple de camp/centre d’accueil français : le CAFI : Pôleth Wadbled, sociologue à l’ODRIS, et André Forget, maire de Sainte-Livrade-sur-Lot et ancien habitant du CAFI. Communication intitulée « Le CAFI de Sainte-Livrade-sur-Lot, en Nouvelle Aquitaine : Regard sociologique et expérience vécue » présentée le 14 novembre 2025 dans la session modérée par Fabienne Duteil-Ogata, MCF d’études japonaises UBM, lors du colloque « Los Angeles et les camps d’incarcération des Japonais-Américains – une histoire intergénérationnelle, transnationale et intermédiale, en hommage à Amy Uyematsu », tenu à l’UBM les 13 et 14 novembre 2025. Langue : anglais et français.

Un exemple de camp/centre d’accueil français : le CAFI : Marc Bernardot, Professeur de sociologie à l’Université d’Aix-Marseille (AMU). Communication enregistrée intitulée « Entre deux camps. Éléments de comparaison des centres d’accueil des Français d’Indochine et des centres de relocation nippo-américains du WRA » présentée le 14 novembre 2025 dans la session modérée par Fabienne Duteil-Ogata, MCF d’études japonaises UBM, au cours du colloque « Los Angeles et les camps d’incarcération des Japonais-Américains – une histoire intergénérationnelle, transnationale et intermédiale, en hommage à Amy Uyematsu », tenu les 13 et 14 novembre 2025. Langue : français.

Les 7 branches – Adam Nguyen, 2026 (Documentaire)

Ce documentaire autoproduit, écrit et réalisé par Adam Nguyen, dure une cinquantaine de minutes. Il donne la parole aux sept enfants de ses grands-parents, qui retracent la trajectoire de leur père et de leur mère. Il convient de le préciser d’emblée : il s’agit avant tout d’un film intime, construit comme un récit familial. On peut dès lors s’interroger sur l’intérêt qu’un tel récit de vie, consacré à un homme et une femme nés en Asie puis installés avec leur famille en région parisienne, peut présenter pour un public extérieur à ce cercle familial.
Sur le plan formel, le documentaire repose principalement sur une série d’entretiens menés par le réalisateur avec ses oncles et tantes, qu’il désigne comme les « sept branches », en référence à leur place dans l’arbre généalogique. À travers ces échanges, il revient sur les différentes étapes de l’existence de ses grands-parents : celle du grand-père, d’origine indienne, et celle de la grand-mère, vietnamienne. Le film adopte ainsi une structure chronologique, allant de l’enfance au Vietnam aux années passées en Inde, puis à l’arrivée en France, à l’installation dans le pays d’accueil, au vieillissement et, enfin, au décès successif du grand-père puis de la grand-mère.
D’un point de vue technique, l’ensemble est soigné. La mise en scène demeure sobre : les témoignages se succèdent dans un dispositif d’entretien classique, mais efficace, soutenu par un montage fluide. Le film mobilise également des photographies familiales, des archives visuelles et quelques images filmées issues de fonds extérieurs. À cela s’ajoutent deux ou trois images vraisemblablement générées par intelligence artificielle, utilisées pour illustrer certains souvenirs.
L’intérêt du documentaire, pour un chercheur travaillant sur les enjeux de mémoire, réside dans la manière dont un descendant organise la collecte et la mise en récit de la parole familiale. Le film permet d’observer les questions posées, les modalités de réponse et, plus largement, la construction d’un récit intergénérationnel. Certes, le spectateur n’a pas accès à l’ensemble du matériau recueilli : le montage opère nécessairement une sélection. Or cette sélection constitue précisément un objet d’analyse. Elle révèle ce que le réalisateur, à la fois collecteur, monteur et héritier, juge digne d’être transmis. Même lorsqu’il cherche à rester fidèle aux témoignages, son travail implique des choix subjectifs, sensibles et narratifs. En rendant cette matière publique, il ne se contente donc pas d’assembler des souvenirs : il leur donne une forme cohérente, susceptible d’être reçue par des spectateurs extérieurs à la famille.
La progression du film ne relève pas seulement d’un ordre chronologique. Elle s’organise aussi autour d’un motif central, explicitement formulé au début comme à la fin du documentaire : celui du sacrifice. Ce sacrifice est attribué aux grands-parents, mais il est également perçu par leurs enfants, qui en deviennent les témoins et les interprètes. Ce thème est fréquent dans les récits de descendants de personnes immigrées. L’exil, la migration, le déclassement social et la perte de privilèges y sont souvent associés à l’idée d’un effort parental redoublé, destiné à assurer aux enfants les meilleures conditions de vie possibles. Le documentaire apparaît ainsi comme un geste mémoriel et commémoratif, mais aussi comme un hommage explicite à deux figures fondatrices, assimilées au tronc familial par la métaphore de l’arbre généalogique.
Sur le plan historique, le film fournit seulement quelques repères permettant de situer les trajectoires individuelles dans un contexte plus large. Les raisons précises de la présence de cette famille indienne au Vietnam demeurent peu développées, même si elles peuvent être comprises dans leurs grandes lignes. L’offensive du Têt en 1968 et la chute de Saïgon en 1975 sont toutefois mentionnées comme des événements majeurs, venus bouleverser le projet familial et précipiter le départ, d’abord vers l’Inde, puis vers la France. Le documentaire s’inscrit ainsi dans une forme relativement classique de double récit biographique et familial, comparable à d’autres documentaires, mémoires ou récits de vie consacrés aux trajectoires migratoires. Son originalité tient moins à son dispositif qu’à la manière dont il incarne cette histoire : le récit est clairement construit, accessible, et rend perceptible l’adaptation progressive de la famille à des contextes successifs.
Plusieurs éléments évoqués rejoignent des problématiques bien identifiées dans les travaux sur les migrations et l’exil : le déclassement social, la précarisation, mais aussi les expériences de racisme vécues par les enfants en tant que métis indo-vietnamiens. Au Vietnam, ils ne sont pas perçus comme suffisamment vietnamiens ; en Inde, ils sont critiqués ou rejetés parce qu’ils sont assimilés à des Chinois. Face à ces formes d’exclusion, les témoins, aujourd’hui âgés d’environ soixante à quatre-vingts ans, expriment une reconnaissance marquée envers la France et la société française, notamment pour l’accueil, l’intégration et les solidarités dont ils ont bénéficié à leur arrivée. Plus encore, le film suggère que la trajectoire migratoire a profondément marqué la psychologie des parents et leur manière d’exercer leur rôle parental. Le déclassement et la perte des ressources antérieures semblent notamment conduire la mère à une anticipation permanente du pire. La réussite familiale se trouve finalement associée, comme cela est indiqué à la fin du documentaire, à l’accession à la propriété et à l’achat d’un pavillon.
Les questions d’éducation occupent également une place importante. La dureté et la sévérité parentales peuvent être interprétées à la fois au regard de la culture d’origine et de la situation de précarité produite par l’exil. Le motif du sacrifice implique aussi une forme de pression exercée sur les enfants, même si cette dimension demeure peu explicitée dans le film. Celui-ci adopte en effet une tonalité très bienveillante à l’égard des parents disparus et ne propose pas de véritable lecture critique. Ce choix est compréhensible au regard de la fonction mémorielle et hommageante du documentaire, mais il limite l’exploration des tensions éventuelles au sein de la famille. Les difficultés évoquées restent principalement extérieures : elles relèvent de la guerre, de l’exil, de la précarité ou du racisme, plutôt que des relations internes au couple, à la fratrie ou au groupe familial élargi. Aborder ces dimensions supposerait certes d’en disposer et d’accepter de les rendre publiques ; cela permettrait toutefois de saisir plus finement la complexité des relations familiales en contexte migratoire.
Dans ses dernières minutes, le documentaire aborde le vieillissement, les derniers instants des grands-parents et l’expérience du deuil, notamment celle de la grand-mère devenue veuve. Il montre ensuite la reconfiguration des liens familiaux autour du soin apporté à cette femme désormais seule, puis les effets de sa disparition sur les enfants. Cette séquence, bien que brève, ouvre une réflexion sur la fin de vie, la transmission et la disparition progressive d’une génération.
Enfin, le film laisse entrevoir la présence des générations suivantes, sans véritablement approfondir leur rapport à cette histoire. On comprend pourtant, comme cela est affirmé en conclusion, que le documentaire leur est aussi destiné. Il serait dès lors intéressant d’interroger leur propre relation à la mémoire familiale, au pays d’origine, à l’histoire migratoire et aux formes de transmission culturelle. Le discours demeure en effet relativement homogène : il propose le double portrait d’un homme et d’une femme, raconté par leurs enfants à travers les souvenirs d’une enfance présentée comme globalement heureuse, malgré la guerre et l’exil. Cette perspective rappelle, par certains aspects, le travail de Marcelino Truong. Si le rapport des oncles et tantes à la France apparaît relativement apaisé, on aimerait en savoir davantage sur leur rapport à l’histoire, aux appartenances nationales et culturelles, ainsi qu’à ce qu’ils souhaitent transmettre à leurs propres enfants. Le documentaire se présente finalement comme un témoignage filial adressé aux parents disparus, clos par des paroles d’amour et de gratitude.

 

Décryptage de l’article du Figaro du 9 février 2025 sur la minorité modèle

Dans son article du Figaro du 9 février 2025, le journaliste Paul Sugy, également éditorialiste sur CNEWS, reprend quasiment point par point l’édito de Pascal Praud de la semaine passée. Sur la forme, il avance des arguments chiffrés et sourcés. Mais en regardant dans les détails, on s’aperçoit assez facilement de certains biais. Cette répétition élaborée du même argumentaire que son collègue n’est pas un hasard et vient probablement répondre, sans l’avouer, à la tribune dénonçant l’instrumentalisation du mythe de la minorité modèle, postée sur le Nouvel Obs quelques jours plus tôt. Puisque l’échange est lancé, continuons le “débat” et revenons sur certains éléments qui sont présentés selon une logique qui n’est pas explicitée et qu’il est nécessaire de décrypter.

Revue de presse “Migrations vietnamiennes” – Janvier 2025

À l’heure où les réseaux sociaux sont critiqués pour les idéologies qu’ils permettent de soutenir, il est tout aussi nécessaire de s’interroger sur la nature des flux continus de messages, de données, d’informations que nous consommons et que nous relayons. Dans cette optique, je continue ma revue de presse mensuelle sur les questions liées à la migration et le Vietnam en essayant d’être le plus exhaustif, le plus précis, aussi pour constituer une archive future de la situation. La presse nous donne à voir les différents points de vue des acteurs sur la question : l’action des gouvernements, la mobilisation de la population et des associations, et les trajectoires individuelles. Ici, là-bas comme ailleurs, les autorités cherchent à agir sur différents plans : la répression et la prévention, en impliquant si possible les États concernés et en mettant en place ou renforçant des accords bilatéraux (avec la Finlande, la Tchéquie, le Maroc, etc.). Les différentes articles rendent compte du caractère global et transnational des réseaux et trajectoires. Le point de départ est géographique, politique, économique et social. Les points de passages sont multiples et les moyens pour atteindre les destinations sont variés. L’objectif de migrer vers les pays riches reste le même, l’horizon plus ou moins loin, parfois tragiquement jamais atteint, parfois un leurre aux conséquences toujours aussi tristes.
Le fascisme grossier qu’on critique outre-Atlantique est aussi présent chez nous, en Europe, où les discours et politiques hostiles à l’accueil de migrants prennent de la force. En Allemagne comme en France, les idées et propositions de lois de l’extrême-droite trouvent leur écho et porte-voix dans les partis qui historiquement se refusaient tout compromis avec l’ennemi.
Ces dernières années, la migration irrégulière semble en déclin (Source : Article en anglais). Si la sociologie permet de rendre compte de la réalité du terrain, et s’il est nécessaire de compter et décrire, gardons-nous de tomber dans la logique dangereuse qui associe montée d’un chiffre à un risque et baisse d’un autre à un indicateur d’apaisement. Rappelons les conditions dans lesquelles les personnes traversent les frontières. Ce sont les frontières, comme dispositif etatique policier, qui tuent et qui décident de la légalité ou l’illégalité d’une personne. C’est cette situation administrative, juridique qui crée la fragilité, la précarité des personnes qui ont recours aux passeurs (voir L’exil toujours recommencé de Anne-Claire Defossez et Didier Fassin).

Revue de presse “Migrations vietnamiennes” – décembre 2024

La revue de presse thématique nous donne un aperçu de l’actualité concernant les migrations et diasporas liées au Vietnam. Le mois de décembre est marqué par la journée internationale des migrants, organisée par l’ONU le 4 décembre. Plusieurs événements sont organisés pour mettre en avant les politiques migratoires du gouvernement qui cherche à comprendre (“le Vietnam a construit une base de données via le profil migratoire”) et documenter le phénomène d’émigration (départ) et d’immigration (arrivée). Les autorités mettent en place de la prévention, qui s’appuie notamment sur les témoignages relayés par la presse.

La lutte des gouvernements contre l’immigration illégale et le traffic humain

Le nombre de traversées de la Manche vers l’Angleterre a augmenté l’année dernière, ce qui renforce la volonté des États de lutter contre l’immigration illégale et le traffic humain.
Au début du mois de janvier s’est également tenu le COMMIT (page en anglais), le sommet des pays du Mékong contre le traffic humain :

“L’initiative ministérielle coordonnée du Mékong contre la traite des êtres humains (en anglais “Coordinated Mekong Ministerial Initiative against Trafficking” COMMIT) est un dialogue politique de haut niveau dans la sous-région du Grand Mékong (GMS), où tous les gouvernements ont compris qu’ils ne pouvaient pas lutter efficacement contre la traite des êtres humains par leurs propres moyens. Combinant les efforts de prévention de la traite, de protection des victimes, de leur rapatriement et de leur réintégration, et de poursuite des criminels responsables, l’initiative COMMIT est la superstructure sur laquelle repose une réponse cohérente et globale à la traite des êtres humains.”
L’Organisation Internationale des Migrations – OIM soutient également les localités dans leurs travaux de communication sur la migration sûre et la prévention et la lutte contre la traite des êtres humains. (notamment vers le Cambodge, Japon, Corée, Royaume-Uni). Ces efforts s’inscrivent dans la continuité de la loi sur les travailleurs vietnamiens travaillant à l’étranger dans le cadre de contrats modifiés (loi n° 69) adoptée en 2020 qui vise à mettre en œuvre le pacte mondial sur les migrations ou Pacte de Marrakech de 2018.
Le directeur adjoint du département consulaire du ministère des affaires étrangères, Phan Thi Minh Giang, a déclaré qu’environ 100 000 travailleurs vietnamiens se rendent chaque année à l’étranger pour y travailler dans le cadre de contrats, tandis qu’environ 10 000 autres se rendent dans d’autres pays pour y faire des études. Lire l’article (en anglais).
Selon les données calculées par Economica Vietnam, jusqu’à présent, le Vietnam compte environ 250 000 femmes travaillant à l’étranger, avec un revenu d’environ 1 000 USD ou plus par mois. Il s’agit d’une source de revenus importante pour elles-mêmes et leur famille (article en vietnamien). Cela représenterait 2.5 milliards de dollars de transferts de fonds (“remittances”).

Migration vers le Royaume-Uni

Depuis le début de l’année, plus de 33.500 personnes ont débarqué au Royaume-Uni par ce biais, soit davantage que sur toute l’année 2023. (27.314 en 2023 mais 41.829 en 2022). Une augmentation de 177% des migrants vietnamiens qui franchissent la Manche sur des bateaux de plus en plus chargés – Lire l’article en anglais. Pour aller dans les ongleries (anglais).
Iels étaient en moyenne 28 par embarcation en 2021, 53 en moyenne en 2024.

Une cinquantaine de décès ont été enregistrés depuis le début de l’année par les garde-côtes français. Au total, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a enregistré cette année 1983 décès liés à cette route. Selon l’Organisation internationale des Nations unies pour les migrations, 22 autres migrants qui se dirigeaient vraisemblablement vers le Royaume-Uni sont décédés dans le nord de la France et en Belgique.

Un peu d’espoir malgré tout ça, des personnes se mobilisent pour aider les personnes à ne pas mourir.

Le premier ministre britannique “a un plan”.
 “Le futur plan renforcera ainsi les contreparties demandées aux entreprises pour embaucher des travailleurs étrangers, notamment en matière de formation de travailleurs ici au Royaume-Uni”
“Le gouvernement travailliste a fait de la répression des réseaux de passeurs une de ses priorités, ciblant notamment ceux qui organisent des traversées clandestines de la Manche sur de petits bateaux.”
Migrations domestique et frontalière
Si on connaît surtout le Vietnam comme pays d’émigration, c’est aussi un pays de destination pour des personnes qui viennent du Bangladesh, du Sri Lanka ou du Nigeria (article en anglais).
Un article du mois d’octobre raconte les conditions de travail de familles de migrants venues du Nigeria (article en vietnamien).
La migration interne au Vietnam concerne notamment des minorités ethniques qui viennent de régions montagneuses, plus pauvres. Des articles relatent les conséquences sur la vie et la scolarisation des enfants. Par exemple le cas de migration de populations H’mong dans la province de Son La (article en anglais).

Selon une étude réalisée en 2020 par l’organisation internationale CARE au Viêt Nam, entre 2017 et 2019, le nombre de personnes quittant leur ville natale a augmenté de 200 % dans de nombreux groupes ethniques. Travailler loin de chez soi est devenu une tendance chez les Mong, les Van Kieu et les Sedang, les deux options les plus courantes étant les emplois en usine (68,7 %) et le travail informel ou saisonnier (18,3 %).

De et sa femme font partie des premières personnes à avoir rejoint la vague de migration des montagnes de Son La vers la province de Binh Duong, près de Ho Chi Minh Ville, alors qu’ils luttaient contre une vie de faim constante et de dettes dans leur pays d’origine.

Crise économique à HCMV

Les travailleurs hésitent à retourner dans la grande ville, surtout après l’épisode de COVID19. Le syndicat de commerce dit que c’est à cause des contraintes écologiques qu’on ne peut pas avoir de bons salaires. D’après une enquête, les gens préfèrent d’autres villes pour les services, le cadre de vie (article en anglais).
Ils font de la propagande avec une IA  (vietnamien) pour inciter les gens à revenir, en utilisant la métaphore du pinguin, qui a des ailes mais ne peut pas voler, cela ne l’empêche pas de voyager, notamment quand il est jeune, d’aller se faire de l’argent en ville, tout en contribuant à pourvoir pour sa famille restée à la campagne. L’instinct du pinguin le fera toujours revenir auprès de sa famille.

Laos

Après 7 ans au Lao, ce couple retourne au Vietnam (article en vietnamien). Il pensait se faire 30/40 millions par mois, mais la réalité est plutôt de 16 millions par an (600 euros). Les enfants ne peuvent pas aller à l’école. Ils n’ont pas de papiers, de situation administrative. Quand il retourne au VN, c’est compliqué. Ils n’ont plus leur maison, etc. Ils reçoivent le soutien des autorités vietnamiennes. Leur histoire est rapprotée dans la propagande locale pour alerter sur la migration. 180 personnes traverseraient la frontière de manière “libre” (illégalement) vers le Laos. D’après la police, les émigrants seraient attirés par l’idée de fonciers plus abordables, pour cultiver la terre.

Corée, Hong-Kong et Panama

Migration vers la Corée. Sur l’île de Jeju. Des Vietnamien.nes profitent de la période de 30 jours sans visa pour effectuer un aller sans retour mais les autorités le remarquent et arrêtent, renvoient les personnes en situation irrégulière.
La situation est similaire à Hong-Kong où 18 personnes d’origine vietnamienne ont été rapatriées,7 hommes et 11 femmes.
Les trajectoires migratoires dépendent des conditions de voyage et donc des accords entre les gouvernements. Depuis le mois de juin 2019, un accord entre le Vietnam et le Panama favorise les flux touristiques avec une exemption de visa de 90 jours pour les ressortissants qui souhaitent se rendre dans le pays partenaire. Les vols extracontinentaux depuis et vers le Panama sont rares, une trentaine d’opérations de rapatriation ont été menées par le gouvernement panaméen pour reconduire, entre autres personnes en situation irrégulière de Colombie, d’Équateur d’Inde mais aussi donc du Vietnam (brève en anglais). Ce pays est sûrement une étape vers les États-Unis.

Singapour

” l’ère du le progrès national deviendra bientôt une réalité”
Avec environ 3.881 projets et un capital d’investissement total accumulé de plus de 2 milliards de dollars, Singapour se classe actuellement au deuxième rang sur 145 pays et territoires investissant au Vietnam.
“Conformément à la loi sur l’identification (2023), chaque citoyen vietnamien reçoit une carte d’identité, qu’il réside au Vietnam ou à l’étranger. Dans la loi foncière révisée (2024), les Vietnamiens résidant à l’étranger ont étendu leurs droits d’utilisation des terres, réglementant les politiques foncières pour les Vietnamiens résidant à l’étranger qui sont des citoyens vietnamiens au même titre que les nationaux.”
Migration vers les pays occidentaux

Vers l’Australie

Au Japon

“En 2023, un nombre record de 9753 stagiaires techniciens qui avaient disparu, dont 56 % de Vietnamiens. Un gang connu sous le nom de « Bo Doi » a été formé par des résidents vietnamiens, principalement dans la région de Kanto, au nord du pays, où se trouvent de nombreux stagiaires techniciens. Bo Doi est impliqué dans un large éventail d’activités illégales, allant du vol de bétail et de fruits à l’achat et à la vente de comptes bancaires.”
Le ministre du travail japonais va changer sa législation pour assouplir les conditions de travail des migrants vietnamiens.
“Les frais de voyage élevés sont la raison pour laquelle tant de stagiaires techniciens vietnamiens manquent à l’appel au Japon. Selon le ministère japonais de la justice, 80 % des stagiaires techniciens vietnamiens ont emprunté de l’argent pour venir au Japon. Ce chiffre est le deuxième après celui du Cambodge (83,5 %). De nombreux Vietnamiens ont du mal à rembourser ces dettes, parce qu’ils ne reçoivent pas le paiement des heures supplémentaires ou parce qu’ils ne peuvent pas travailler au Japon en raison des conditions insupportablement dures.”
“Les coûts des courtiers peuvent inclure des “coûts obscurs” pour lesquels aucun reçu n’est délivré. Par exemple, il est courant de donner de l’argent aux responsables du parti communiste vietnamien avant le Têt (Nouvel An vietnamien). Le montant des frais cachés peut varier, mais il s’élève souvent à environ 6 500 USD.”

En Allemagne

On peut lire des témoignages de victimes de la traite :
“Le jeune homme, alors âgé de 20 ans, et sa famille ont emprunté de l’argent pour payer les trafiquants d’êtres humains.”
Ils s’endettent à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros, ce qui représente une somme très importante au Vietnam.
“Ils n’ont pas besoin d’apprendre l’allemand et, surtout, ils peuvent gagner plus d’argent immédiatement. Pour certains Vietnamiens peu éduqués, issus de villages aux perspectives économiques limitées, cette décision a du sens”, ajoute M. Nam.
Nam a été introduit clandestinement en Allemagne via la Russie et a vécu la vie d’une “personne nue”, un terme utilisé dans les groupes de discussion vietnamiens sur Facebook comme Luật Pháp Đức (loi allemande) pour décrire les migrants illégaux et sans papiers.
L’Allemagne veut renforcer son partenariat stratégique, notamment pour assurer une main d’œuvre vietnamienne formée. Le gouvernement assouplit ses conditions de migration pour les Vietnamien.nes en prévision d’une baisse drastique de la main d’œuvre, il favorise l’immigration, par des programmes d’insertion (article en vietnamien).

Aux États-Unis

Trump va arriver au pouvoir et devrait rapidement mettre en place des mesures d’expulsions des sans papiers, notamment des Vietnamien.nes. Pendant son premier mandat, 10.000 ordres d’expulsions pour des personnes vietnamiennes auraient été lancées dans plusieurs États, dont 80% étant arrivés avant 1995. Les communautés diasporiques s’étaient mobilisées contre cette politique et avaient obtenu le recul du gouvernement, on peut imaginer des protestations à nouveau, avec une réaction cette fois peut-être différente. Les conseillers du futur président affirment vouloir multiplier par 10 les expulsions. Qu’elle qu’en soit l’ampleur, ça risque d’être effectivement pire.
 Le parquet populaire de Hà Nội a engagé vendredi des poursuites judiciaires contre trois personnes, Bùi Thị Thành, Nguyễn Ngọc Tuế et Trần Văn Hồng, pour avoir aidé d’autres personnes à s’enfuir illégalement à l’étranger.
On peut y lire l’utilisation de faux passeports mexicains pour entrer aux États-Unis.
Les enquêtes ont révélé que le groupe, dirigé par Nguyễn Minh Lượng, 25 ans, facturait aux victimes entre 50 000 et 75 000 dollars par personne pour des services de migration illégale.
 “Les tentatives ultérieures pour atteindre les États-Unis, y compris un itinéraire passant par les Philippines, Dubaï et le Mexique, ont également échoué.

Lettre d’Info #1 – Avril/Mai 2024

Cela fait plusieurs années que j’ai commencé à partager des notes de recherche sur ce carnet en ligne. La publication y est irrégulière autant en termes de fréquence que de qualité ou forme des contenus. C’est aussi cette diversité qui donne à cette plate-forme sa richesse. La liberté éditoriale repose sur une souplesse, une auto-discipline.
Cela fait également plusieurs années que nous utilisons les réseaux sociaux et que nous sommes bombardés d’images, de sons, de textes, de liens. Si nous devons nous féliciter de la prolifération de contenus, nous devons veiller à la façon dont nous pouvons et devons en prendre soin en même temps que nous prenons soin de nous-mêmes.
Chacun.e d’entre nous consomme donc des tonnes d’informations. Depuis le début, ce blog a eu pour but d’enregistrer, de faciliter l’accès, de rendre visible les ressources concernant un nombre large de questions liées aux identités politiques et culturelles, aux rapports sociaux de race, de classe, de genre, et à la recherche sur les diasporas, les mémoires, l’histoire ou les sciences humaines en général.
Pour essayer de prendre du recul sur l’instantanéité des algorithmes, je m’essaie donc à un nouveau format, plus long, plus lent qui s’apparente à une lettre d’information dans laquelle je partagerai mes recherches du moment. Justement parce que nous consommons parfois trop rapidement les sources sans prendre le temps de les digérer, cet exercice de style particulier de recension sera l’occasion de dialoguer, discuter avec ces sources. Ce sera aussi une forme qui se rapproche alors encore plus du carnet de recherche comme journal presque intime, dans lequel on s’autorise à livrer des pensées encore en germes – à la différence que la conscience de publication pousse l’auteur à un niveau d’exigence supérieur. Les références mentionnées sont en bibliographie à la fin ou en liens directs.
Au sommaire :

Regarder Ru, point de vue de Pascal Huynh [ressource]

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/807182/idees-regarder-ru-tant-quebecois-origine-vietnamienne

Dans ce texte d’opinion, Pascal Huynh partage ses impressions après avoir vu l’adaptation au cinéma du roman Ru de Kim Thuy.

Lire aussi Habiter au Vietnam pour se décoloniser – Pascal Huynh

Voir cette contribution sur la carte ASIan MIGration MAP.

Générations ?

La génération 1 est celle qui immigre dans le pays d’accueil.

La génération 2 est celle qui naît dans le pays d’accueil.

Les générations suivantes 3, 4 sont elles aussi nées dans le pays d’accueil, de parents eux aussi nés sur place.

La génération 1.5 concerne les personnes qui sont nées dans le même pays d’origine que leurs parents mais ayant migré tôt, au début ou au milieu de l’enfance, et qui ont donc suivi une éducation (même partiellement) dans le pays d’installation de la famille.

Dans un article on trouve aussi :

Afin d’afiner encore les proils des enfants de migrants, deux autres expressions sont apparues, celles de génération 1.25, pour désigner les jeunes ayant migré peu avant l’âge adulte et donc proches de la “génération 1”, et celle de génération 1.75 pour désigner les enfants arrivés très jeunes et donc plus proches de la “génération 2”.