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Revue de presse “Migrations vietnamiennes” – Janvier 2025

À l’heure où les réseaux sociaux sont critiqués pour les idéologies qu’ils permettent de soutenir, il est tout aussi nécessaire de s’interroger sur la nature des flux continus de messages, de données, d’informations que nous consommons et que nous relayons. Dans cette optique, je continue ma revue de presse mensuelle sur les questions liées à la migration et le Vietnam en essayant d’être le plus exhaustif, le plus précis, aussi pour constituer une archive future de la situation. La presse nous donne à voir les différents points de vue des acteurs sur la question : l’action des gouvernements, la mobilisation de la population et des associations, et les trajectoires individuelles. Ici, là-bas comme ailleurs, les autorités cherchent à agir sur différents plans : la répression et la prévention, en impliquant si possible les États concernés et en mettant en place ou renforçant des accords bilatéraux (avec la Finlande, la Tchéquie, le Maroc, etc.). Les différentes articles rendent compte du caractère global et transnational des réseaux et trajectoires. Le point de départ est géographique, politique, économique et social. Les points de passages sont multiples et les moyens pour atteindre les destinations sont variés. L’objectif de migrer vers les pays riches reste le même, l’horizon plus ou moins loin, parfois tragiquement jamais atteint, parfois un leurre aux conséquences toujours aussi tristes.
Le fascisme grossier qu’on critique outre-Atlantique est aussi présent chez nous, en Europe, où les discours et politiques hostiles à l’accueil de migrants prennent de la force. En Allemagne comme en France, les idées et propositions de lois de l’extrême-droite trouvent leur écho et porte-voix dans les partis qui historiquement se refusaient tout compromis avec l’ennemi.
Ces dernières années, la migration irrégulière semble en déclin (Source : Article en anglais). Si la sociologie permet de rendre compte de la réalité du terrain, et s’il est nécessaire de compter et décrire, gardons-nous de tomber dans la logique dangereuse qui associe montée d’un chiffre à un risque et baisse d’un autre à un indicateur d’apaisement. Rappelons les conditions dans lesquelles les personnes traversent les frontières. Ce sont les frontières, comme dispositif etatique policier, qui tuent et qui décident de la légalité ou l’illégalité d’une personne. C’est cette situation administrative, juridique qui crée la fragilité, la précarité des personnes qui ont recours aux passeurs (voir L’exil toujours recommencé de Anne-Claire Defossez et Didier Fassin).

Sociologie du retour de la diaspora vietnamienne (4) – Se faire sa propre expérience

Cette série de recensions s’intéresse aux publications scientifiques concernant la diaspora vietnamienne qui retourne au Vietnam.
Recension de “Viet Kieu on a Fast Track Back?” de Lynellyn D. Long (2004)
Pour voir tous les articles de cette série, cliquez ici.

Nguyen Duc Moc incarne un petit bout de la grande histoire de la fièvre de Mai 68

Le Monde.fr
vendredi 18 mai 2018 2675 mots

Nguyen Duc Moc incarne un petit bout de la grande histoire de la fièvre de Mai 68

Militant communiste vietnamien, Nguyen Duc Moc était ouvrier à l’usine Renault-Billancourt. C’était aussi un maître du Vô, l’art martial de son pays natal. Le club qu’il fonde en 1957 formera une partie de la gauche radicale qui se révoltera en Mai 68. Nadia Sweeny

Sur la pointe nord de l’île de Puteaux, des dizaines d’ouvriers en rang exécutent des gestes précis et simultanés. Leurs mains fendent l’air. Leurs jambes frappent un adversaire invisible. Bâtons longs, manches de pioche et sabres jonchent le sol, prêts à servir pour les prochains exercices. À leur tête, un petit homme sec et tout en muscles, Nguyen Duc Moc, organise cette chorégraphie menaçante.

Nous sommes à la fin des années 1950. Entre deux bras de Seine, dans cet Ouest parisien pas encore toisé par la skyline de la Défense, se forme un curieux groupe de combattants, qui se réunit régulièrement sous le regard des passants médusés : la fédération de Vô Vietnam.

Moc, ouvrier spécialisé à l’usine Renault-Billancourt, fait les choses bien. Il se rend en préfecture, le 15 novembre 1957, où des fonctionnaires indifférents enregistrent les statuts de son association d’art martial, présentée comme un espace de promotion artistique et culturelle. Le Vô, discipline aux influences chinoises du Nord-Vietnam, se pratique à Hanoï depuis des lustres. Mais chaque maître invente son style. Celui de Moc sera le Son Long Quyên Thuât – les techniques de combat de la montagne du dragon.

Cet ancien tirailleur indochinois est arrivé à l’usine en 1948, alors âgé d’une trentaine d’années. C’est un révolté parmi les révoltés, dans ce creuset des luttes ouvrières. Il a transité dans les camps de travailleurs du sud de la France, avec 30 000 de ses compatriotes enrôlés de force en juin 1940 pour soutenir l’effort de guerre. Mais il n’a jamais rompu le lien avec sa terre d’origine. Il milite discrètement en faveur d’Hô Chi Minh, son grand homme.

 

Article entier à lire dans le Monde :

https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/05/18/1968-l-annee-du-dragon_5301160_4497186.html

Mots-clés :

l’usine Renault-Billancourt, art martial, 1957, gauche radicale, mai 68, Puteaux, Fédération de Vô Vietnam, Nord Vietnam, Hanoï, Son Long Quyên Thuât, tirailleur indochinois, Hô Chi Minh, communiste, cour des Petites-Écuries, Paris, Ghislaine Kalman, Mouvement communiste français marxiste-léniniste, trotskiste, UGVF, Oquinarenne, rue Le Verrier, Gérard Dijoux, Washington, Malek Larbi, Vietcongs, Nguyen Trong Dac, Neuilly-sur-Seine, 1973, 1940, Milan, Lotta, Nova Velia, Turin, GI, Yves Corboz, 1966, Alger, Lausanne, Suisse, Nadia Sweeny