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Les 7 branches – Adam Nguyen, 2026 (Documentaire)

Ce documentaire autoproduit, écrit et réalisé par Adam Nguyen, dure une cinquantaine de minutes. Il donne la parole aux sept enfants de ses grands-parents, qui retracent la trajectoire de leur père et de leur mère. Il convient de le préciser d’emblée : il s’agit avant tout d’un film intime, construit comme un récit familial. On peut dès lors s’interroger sur l’intérêt qu’un tel récit de vie, consacré à un homme et une femme nés en Asie puis installés avec leur famille en région parisienne, peut présenter pour un public extérieur à ce cercle familial.
Sur le plan formel, le documentaire repose principalement sur une série d’entretiens menés par le réalisateur avec ses oncles et tantes, qu’il désigne comme les « sept branches », en référence à leur place dans l’arbre généalogique. À travers ces échanges, il revient sur les différentes étapes de l’existence de ses grands-parents : celle du grand-père, d’origine indienne, et celle de la grand-mère, vietnamienne. Le film adopte ainsi une structure chronologique, allant de l’enfance au Vietnam aux années passées en Inde, puis à l’arrivée en France, à l’installation dans le pays d’accueil, au vieillissement et, enfin, au décès successif du grand-père puis de la grand-mère.
D’un point de vue technique, l’ensemble est soigné. La mise en scène demeure sobre : les témoignages se succèdent dans un dispositif d’entretien classique, mais efficace, soutenu par un montage fluide. Le film mobilise également des photographies familiales, des archives visuelles et quelques images filmées issues de fonds extérieurs. À cela s’ajoutent deux ou trois images vraisemblablement générées par intelligence artificielle, utilisées pour illustrer certains souvenirs.
L’intérêt du documentaire, pour un chercheur travaillant sur les enjeux de mémoire, réside dans la manière dont un descendant organise la collecte et la mise en récit de la parole familiale. Le film permet d’observer les questions posées, les modalités de réponse et, plus largement, la construction d’un récit intergénérationnel. Certes, le spectateur n’a pas accès à l’ensemble du matériau recueilli : le montage opère nécessairement une sélection. Or cette sélection constitue précisément un objet d’analyse. Elle révèle ce que le réalisateur, à la fois collecteur, monteur et héritier, juge digne d’être transmis. Même lorsqu’il cherche à rester fidèle aux témoignages, son travail implique des choix subjectifs, sensibles et narratifs. En rendant cette matière publique, il ne se contente donc pas d’assembler des souvenirs : il leur donne une forme cohérente, susceptible d’être reçue par des spectateurs extérieurs à la famille.
La progression du film ne relève pas seulement d’un ordre chronologique. Elle s’organise aussi autour d’un motif central, explicitement formulé au début comme à la fin du documentaire : celui du sacrifice. Ce sacrifice est attribué aux grands-parents, mais il est également perçu par leurs enfants, qui en deviennent les témoins et les interprètes. Ce thème est fréquent dans les récits de descendants de personnes immigrées. L’exil, la migration, le déclassement social et la perte de privilèges y sont souvent associés à l’idée d’un effort parental redoublé, destiné à assurer aux enfants les meilleures conditions de vie possibles. Le documentaire apparaît ainsi comme un geste mémoriel et commémoratif, mais aussi comme un hommage explicite à deux figures fondatrices, assimilées au tronc familial par la métaphore de l’arbre généalogique.
Sur le plan historique, le film fournit seulement quelques repères permettant de situer les trajectoires individuelles dans un contexte plus large. Les raisons précises de la présence de cette famille indienne au Vietnam demeurent peu développées, même si elles peuvent être comprises dans leurs grandes lignes. L’offensive du Têt en 1968 et la chute de Saïgon en 1975 sont toutefois mentionnées comme des événements majeurs, venus bouleverser le projet familial et précipiter le départ, d’abord vers l’Inde, puis vers la France. Le documentaire s’inscrit ainsi dans une forme relativement classique de double récit biographique et familial, comparable à d’autres documentaires, mémoires ou récits de vie consacrés aux trajectoires migratoires. Son originalité tient moins à son dispositif qu’à la manière dont il incarne cette histoire : le récit est clairement construit, accessible, et rend perceptible l’adaptation progressive de la famille à des contextes successifs.
Plusieurs éléments évoqués rejoignent des problématiques bien identifiées dans les travaux sur les migrations et l’exil : le déclassement social, la précarisation, mais aussi les expériences de racisme vécues par les enfants en tant que métis indo-vietnamiens. Au Vietnam, ils ne sont pas perçus comme suffisamment vietnamiens ; en Inde, ils sont critiqués ou rejetés parce qu’ils sont assimilés à des Chinois. Face à ces formes d’exclusion, les témoins, aujourd’hui âgés d’environ soixante à quatre-vingts ans, expriment une reconnaissance marquée envers la France et la société française, notamment pour l’accueil, l’intégration et les solidarités dont ils ont bénéficié à leur arrivée. Plus encore, le film suggère que la trajectoire migratoire a profondément marqué la psychologie des parents et leur manière d’exercer leur rôle parental. Le déclassement et la perte des ressources antérieures semblent notamment conduire la mère à une anticipation permanente du pire. La réussite familiale se trouve finalement associée, comme cela est indiqué à la fin du documentaire, à l’accession à la propriété et à l’achat d’un pavillon.
Les questions d’éducation occupent également une place importante. La dureté et la sévérité parentales peuvent être interprétées à la fois au regard de la culture d’origine et de la situation de précarité produite par l’exil. Le motif du sacrifice implique aussi une forme de pression exercée sur les enfants, même si cette dimension demeure peu explicitée dans le film. Celui-ci adopte en effet une tonalité très bienveillante à l’égard des parents disparus et ne propose pas de véritable lecture critique. Ce choix est compréhensible au regard de la fonction mémorielle et hommageante du documentaire, mais il limite l’exploration des tensions éventuelles au sein de la famille. Les difficultés évoquées restent principalement extérieures : elles relèvent de la guerre, de l’exil, de la précarité ou du racisme, plutôt que des relations internes au couple, à la fratrie ou au groupe familial élargi. Aborder ces dimensions supposerait certes d’en disposer et d’accepter de les rendre publiques ; cela permettrait toutefois de saisir plus finement la complexité des relations familiales en contexte migratoire.
Dans ses dernières minutes, le documentaire aborde le vieillissement, les derniers instants des grands-parents et l’expérience du deuil, notamment celle de la grand-mère devenue veuve. Il montre ensuite la reconfiguration des liens familiaux autour du soin apporté à cette femme désormais seule, puis les effets de sa disparition sur les enfants. Cette séquence, bien que brève, ouvre une réflexion sur la fin de vie, la transmission et la disparition progressive d’une génération.
Enfin, le film laisse entrevoir la présence des générations suivantes, sans véritablement approfondir leur rapport à cette histoire. On comprend pourtant, comme cela est affirmé en conclusion, que le documentaire leur est aussi destiné. Il serait dès lors intéressant d’interroger leur propre relation à la mémoire familiale, au pays d’origine, à l’histoire migratoire et aux formes de transmission culturelle. Le discours demeure en effet relativement homogène : il propose le double portrait d’un homme et d’une femme, raconté par leurs enfants à travers les souvenirs d’une enfance présentée comme globalement heureuse, malgré la guerre et l’exil. Cette perspective rappelle, par certains aspects, le travail de Marcelino Truong. Si le rapport des oncles et tantes à la France apparaît relativement apaisé, on aimerait en savoir davantage sur leur rapport à l’histoire, aux appartenances nationales et culturelles, ainsi qu’à ce qu’ils souhaitent transmettre à leurs propres enfants. Le documentaire se présente finalement comme un témoignage filial adressé aux parents disparus, clos par des paroles d’amour et de gratitude.

 

Avec « Tout là-bas », Clément Baloup est parti à la rencontre des Vietnamiens d’Australie. Entretien Les Cahiers du Nem

Avec « Tout là-bas », Clément Baloup est parti à la rencontre des Vietnamiens d’Australie. Entretien Les Cahiers du Nem

Australie, faux capitaine d’un bateau de réfugiés, prince des rizières et mémoires contradictoires, Clément Baloup a accordé un entretien aux Cahiers du Nem sur son nouveau projet, intitulé « Tout là-bas ». Les Cahiers du Nem sont partenaires de ce projet, que l’auteur de bandes dessinées a choisi d’auto-éditer, et sont impatients d’avoir entre les mains ce nouvel opus de la série Mémoires de Viêt-Kiêu sur la communauté vietnamienne en Australie.

 Il est possible de soutenir ce projet en précommandant un exemplaire et en contribuant au financement participatif en cliquant ici.

 

URL : https://lescahiersdunem.fr/avec-tout-la-bas-clement-baloup-est-parti-a-la-rencontre-des-vietnamiens-daustralie-entretien/

Samedi 20 juin 2026, à 18h30, le MCFV organise une rencontre avec dédicace par Clément Baloup, à l’occasion du lancement du financement participatif pour son 5e tome de sa série Mémoires de Viêt Kiêu, « Tout là-bas »,  dans la Salle privatisée de « L’Arrivée  » (Paris 5e).

Clément Baloup sera présent dès 18h30. Il présentera son projet et répondra à vos questions. Vous pourrez faire dédicacer toutes ses BD dont les autres tomes de la série « Mémoires de Viet Kiêu » .

Si vous souhaitez acheter des albums, vous pouvez les commander en contactant directement Clément Baloup via son Facebook : https://www.facebook.com/clement.baloup. Il apportera quelques exemplaires ce jour-là.

20/06/26 : Rencontre – Dédicace avec Clément Baloup par le MCFV (Paris 5e)

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Pour connaître Clément Baloup et relire notre entretien avec Julien Le Hoangan, dans notre cahier de recherches Rhizomes (3/12/2020)

Raconter l’héroïsme ordinaire de la diaspora vietnamienne, entretien avec Clément Baloup.

Débridé Stories – Caroline

Dans ce deuxième épisode de Débridé Stories, on rencontre Caroline, femme d’origine vietnamienne qui revient sans détour sur une vie tiraillée entre deux cultures, deux éducations, deux versions d’elle-même. Derrière le sourire… il y a une vraie histoire. Dans cette interview, Caroline parle sans filtre de : son éducation vietnamienne et le poids des attentes familiales les complexes qu’elle a traînés — et d’où ils viennent vraiment sa relation à la liberté, ce qu’elle a dû conquérir sa vie au Vietnam et ce que ce pays représente pour elle ce qu’elle dirait aujourd’hui à la petite fille qu’elle était

Hearts of Freedom – Coeurs en liberté 042 : LE Tien Dung

HOF042: LE Tien Dung

Tien-Dung left Vietnam at the age of 14 years with his parents and his two siblings, 3 days before the fall of Saigon.  At the time, his father was able to get the seats through his contacts. The family flew to Wake Island in Micronesia and stayed for a month.

They then landed in Guam, May 20, 1975 where they met with Canadian Immigration officials. The family’s request for asylum was approved and they arrived in Montreal on May 23, 1975, where his mother pursued French language training and he and his brother took French course offered by Quebec government. His parents opened a convenience store to support the family. Dung participated in a radio tribune and wrote several articles about his migration to Canada, one of them been published in LaPresse+.

Tien-LÊ, Tien-Dung a quitté le Vietnam à l’âge de 14 ans avec ses parents, son frère et sa sœur, 3 jours avant la chute de Saigon (27 avril 1975). À cette époque, son père avait des contacts qui ont fourni à sa famille un moyen de transport hors du pays. La famille a pris l’avion pour l’île de Wake en Micronésie où elle est restée pendant un mois.

Ils ont ensuite atterri à Guam, le 20 mai 1975, où ils ont rencontré des représentants de l’immigration canadienne. La demande d’asile de la famille a été approuvée et ils sont arrivés à Montréal le 23 mai 1975. Une fois installé, sa mère a suivi un cours de français offert par le COFI (Centre d’orientation et de formation pour les immigrants); son frère et lui ont suivi des cours de français dans des classes d’accueil. Ses parents ont, finalement, ouvert un dépanneur pour subvenir aux besoins de la famille. Il a donné une entrevue et a écrit quelques articles dont un a été publié sur LaPresse+ au sujet de sa migration au Canada.

Consulter le site Hearts of Freedom / Coeurs en liberté

Tout ira bien – Mathieu Lam

🎥 TOUT IRA BIEN réalisé par Mathieu Lam Sélection officielle Nikon Film Festival 2024 SYNOPSIS Dans un restaurant vietnamien, un couple commande du phở, déclenchant une réaction étrange chez la serveuse. Le chef, plongé dans un voyage émotionnel intense, prépare le plat emblématique tout en luttant contre des souvenirs douloureux et un héritage complexe lié à la recette.

ăn cơm – Clément Thanh Danh LÊ

“Ce jour-là, je perdrai tout ce qu’il y avait de vietnamien en moi”

La vidéo présentée par l’artiste, joue sur des récits visuels et textuels, montrant le travail de son père dans la cuisine de son restaurant vietnamien comme une sorte de rituel intime, presque sacré. La cuisine incarne à la fois un espace de création et de mémoire, où chaque geste, chaque ingrédient porte une signification multiple : c’est un lien entre deux générations, mais aussi un lieu de tensions. Les recettes vietnamiennes sont reconstituées mais s’éloignent de la tradition : elles doivent s’adapter à un nouveau contexte, une nouvelle langue, tandis que certains mots, intraduisibles, demeurent en suspens dans le silence.

L’artiste se reconnaît dans cette cuisine, y trouvant son propre reflet, dans l’entre-deux. Un panneau publicitaire détourné accompagne la vidéo, jouant sur les mots et les points

d’interrogation, il amène une dimension d’ironie et met en évidence l’introspection

identitaire de l’artiste, teintée de confusion.

Cette installation incite à réfléchir sur la force du rituel, la fragilité de la mémoire et le poids de la transformation, qui mènent à la perte et au silence.

(Texte descriptif écrit par Houda Bensebaa)

ăn cơm, 5’45, 2024

Réalisation : Clément Thanh Danh LÊ

Composition musicale : Jolan-Mihej Garcia-Papazian

Traduction-Interprétation : Ella Ward & Maya Minder

Mise en ligne le 3 déc. 2024 à 14:21

Voir la vidéo sur le site vimeo

Đoàn tụ. Les eaux d’où l’on vient – Bordeaux, 26 février au 22 mars 2026

May be a graphic of text that says 'Une exposition d'artistes vietnamo-descendantexs Les eaux d'où DOAN Ll'on αυ. l'onvient 'on vient Bordeaux 26.02 → 22.03 22.03.2026 2026 Espace St-Rémi Rémi St-'

Đoàn tụ « se réunir après une séparation », Đoàn tụ comme un moment de réunification.

Du 26 février au 22 mars 2026, l’exposition collective investira l’Espace Saint-Rémi à Bordeaux. 

Portée par 26 artistes et 3 curatrices vietnamien·n⋆e⋆s⋆x et vietnamo-descendant⋆e⋆s⋆x, cette exposition explore la mémoire des diasporas vietnamiennes dans ses relations avec l’art contemporain et les pratiques des arts visuels, de l’installation, du cinéma, du documentaire sonore, des arts vivants et de la performance.

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Tenter de raconter à travers l’art la mémoire complexe, douloureuse, de l’histoire des diasporas vietnamiennes en France qui s’est construite en plusieurs strates et étapes – depuis l’accueil des rapatrié.e.s d’Indochine aux CAFI de Sainte-Livrade et Noyan d’Allier après 1954 jusqu’à l’immigration contemporaine, en passant par les boat people, de 1975 à fin des années 1980, – nous apparaît aujourd’hui comme une nécessité à dire et à transmettre. Les artistes de l’exposition nous aident à naviguer dans ce paysage mémoriel morcelé, entre le Vietnam et la France. L’enjeu de se relier en tant que scène artistique transversale et plurielle, de se structurer dans un élan de solidarité, d’entrer en résonance avec d’autres récits postcoloniaux et de proposer des points de vue et des recherches esthétiques depuis nos histoires reliant l’Indochine, la France et le Vietnam prend une forme de re-connaissance. Reconnaissance de la culture vietnamienne et de son histoire, de son lien puissant avec l’immatériel, l’invisible, la spiritualité, les ancêtres, mais aussi la capacité de cette histoire à penser des notions contemporaines que sont le féminisme, la spiritualité, le queer, le paysage et les enjeux d’exploitation des ressources naturelles ou encore la notion d’écocide. Les artistes de cette exposition sont français⋆e⋆s⋆x d’origine vietnamienne, vietnamien⋆ne⋆s⋆x vivant en France et vietnamo-descendant⋆e⋆s⋆x, queer et féministes pour certain⋆e⋆s⋆x. Ielle⋆s⋆x vivent et ressentent par leurs histoire et leurs pratiques artistiques la nécessité de raconter et de dire l’histoire de ce pays, déchirée et pavée de traumatismes, de guerres, de destruction et d’exils liés à la colonisation, une histoire encore trop peu connue et racontée aujourd’hui en France.

Qui transmet et comment ? Qui parle à travers nous ? Comment laisser s’exprimer cette mémoire et ce lien à notre culture diasporique, à la fois diluée mais consolidée, qui connaît comme un retour, une floraison, un nouvel aspect ? Comment se ressaisir de la représentation de nos cultures et de nos histoires ? Comment se dire, se reconnaître et se représenter tout en étant traversé·e·s·x par le manque, l’invisible, le trouble, la réparation, et les strates de recouvrement. Quelles démarches plastiques pour « revoir », « revivre » et s’envoler dans des langages qui réparent collectivement ?

Les artistes participant·es à l’exposition sont : 

Mathias Bensimon, Kim Doan Quoc, Alix Douart Sinnouretty, Manon Ficuciello, Liên Hoàng-Xuân, Luléa Joachim-Tran, Quỳnh Lâm, France-Lan Lê Vu, Gil Lekh*, Thiên Ngoc Ngô-Rioufol, Cát Nguyên, Flora Nguyen, Lê Hoàng Nguyên, Minh Hieu Ti Nguyen, Tèo Nguyen, Camille Nguyễn Vân Thanh, Matthias Pasquet, Pauline Payen, Prune Phi, Tom Sam, Régis Sénèque, Jade Hoa-Rose Tailhandier, Clément Thanh Danh Lê, Nicole Tran Ba Vang, Kianuë Tran Kiêu, Trúc-Anh.

Participez au financement ici !

Pour en savoir plus, lire un entretien dans Les Cahiers du Nem

Performance et expérience culinaire – Prune Phi et Céline Pham – Samedi 08 mars 2025

Performance et expérience culinaire
Prune Phi et Céline Pham
Samedi 08 mars 2025 • 19:30

https://jeudepaume.org/evenement/performance-et-experience-culinaire/

Samedi 8 mars · 19:30

Jeu de Paume – Paris

Réserver
Partant de l’œuvre de Prune Phi présentée dans l’exposition, la performance interroge les rituels autour du riz.

LES ARTISTES
Née en 1991 à Paris, Prune Phi grandit dans le sud de la France. Elle vit et travaille aujourd’hui à Marseille. En étudiant les mécanismes de transmission au sein des familles, communautés et diasporas, Prune Phi explore l’oubli et la mémoire en faisant l’expérience physique et plastique de la défaillance, du manque et de la dissolution.

Céline Pham a grandi dans le Val d’Oise où ses parents vietnamiens s’installent après s’être rencontrés à Paris à la fin des années 80. Cheffe à l’origine sans attache, libre et engagée, Céline cuisine à l’envie entre résidences et voyages, dîners publics et privés. Après avoir posé ses casseroles dans les cuisines de nombreux restaurants du Monde, elle s’installe dans son premier restaurant à l’été 2022, Inari, situé dans une chapelle du XIIIe siècle dans le centre d’Arles.

Revue de presse “Migrations vietnamiennes” – Janvier 2025

À l’heure où les réseaux sociaux sont critiqués pour les idéologies qu’ils permettent de soutenir, il est tout aussi nécessaire de s’interroger sur la nature des flux continus de messages, de données, d’informations que nous consommons et que nous relayons. Dans cette optique, je continue ma revue de presse mensuelle sur les questions liées à la migration et le Vietnam en essayant d’être le plus exhaustif, le plus précis, aussi pour constituer une archive future de la situation. La presse nous donne à voir les différents points de vue des acteurs sur la question : l’action des gouvernements, la mobilisation de la population et des associations, et les trajectoires individuelles. Ici, là-bas comme ailleurs, les autorités cherchent à agir sur différents plans : la répression et la prévention, en impliquant si possible les États concernés et en mettant en place ou renforçant des accords bilatéraux (avec la Finlande, la Tchéquie, le Maroc, etc.). Les différentes articles rendent compte du caractère global et transnational des réseaux et trajectoires. Le point de départ est géographique, politique, économique et social. Les points de passages sont multiples et les moyens pour atteindre les destinations sont variés. L’objectif de migrer vers les pays riches reste le même, l’horizon plus ou moins loin, parfois tragiquement jamais atteint, parfois un leurre aux conséquences toujours aussi tristes.
Le fascisme grossier qu’on critique outre-Atlantique est aussi présent chez nous, en Europe, où les discours et politiques hostiles à l’accueil de migrants prennent de la force. En Allemagne comme en France, les idées et propositions de lois de l’extrême-droite trouvent leur écho et porte-voix dans les partis qui historiquement se refusaient tout compromis avec l’ennemi.
Ces dernières années, la migration irrégulière semble en déclin (Source : Article en anglais). Si la sociologie permet de rendre compte de la réalité du terrain, et s’il est nécessaire de compter et décrire, gardons-nous de tomber dans la logique dangereuse qui associe montée d’un chiffre à un risque et baisse d’un autre à un indicateur d’apaisement. Rappelons les conditions dans lesquelles les personnes traversent les frontières. Ce sont les frontières, comme dispositif etatique policier, qui tuent et qui décident de la légalité ou l’illégalité d’une personne. C’est cette situation administrative, juridique qui crée la fragilité, la précarité des personnes qui ont recours aux passeurs (voir L’exil toujours recommencé de Anne-Claire Defossez et Didier Fassin).

Enquête “Diaspora Vietnamienne et racisme”

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Pendant longtemps on a pu entendre que les communautés vietnamiennes en France étaient discrètes et apolitiques. L’épidemie de Covid-19 a notamment remis sur le devant de la scène la lutte contre le racisme anti-asiatique et l’actualité électorale soulève la question des identités liées aux migrations et aux diasporas. Dans ce contexte social particulier, je souhaiterais poursuivre mon travail de recherche en sociologie sur ces questions et vous invite à participer en répondant à un bref questionnaire avant le 15 juilllet. Les données entièrement anonymes serviront à la publication de travaux scientifiques.
N’hésitez pas à le partager et le diffuser.

Si le questionnaire ne s’affiche pas, descendez et acceptez les conditions.

 

Lettre d’Info #1 – Avril/Mai 2024

Cela fait plusieurs années que j’ai commencé à partager des notes de recherche sur ce carnet en ligne. La publication y est irrégulière autant en termes de fréquence que de qualité ou forme des contenus. C’est aussi cette diversité qui donne à cette plate-forme sa richesse. La liberté éditoriale repose sur une souplesse, une auto-discipline.
Cela fait également plusieurs années que nous utilisons les réseaux sociaux et que nous sommes bombardés d’images, de sons, de textes, de liens. Si nous devons nous féliciter de la prolifération de contenus, nous devons veiller à la façon dont nous pouvons et devons en prendre soin en même temps que nous prenons soin de nous-mêmes.
Chacun.e d’entre nous consomme donc des tonnes d’informations. Depuis le début, ce blog a eu pour but d’enregistrer, de faciliter l’accès, de rendre visible les ressources concernant un nombre large de questions liées aux identités politiques et culturelles, aux rapports sociaux de race, de classe, de genre, et à la recherche sur les diasporas, les mémoires, l’histoire ou les sciences humaines en général.
Pour essayer de prendre du recul sur l’instantanéité des algorithmes, je m’essaie donc à un nouveau format, plus long, plus lent qui s’apparente à une lettre d’information dans laquelle je partagerai mes recherches du moment. Justement parce que nous consommons parfois trop rapidement les sources sans prendre le temps de les digérer, cet exercice de style particulier de recension sera l’occasion de dialoguer, discuter avec ces sources. Ce sera aussi une forme qui se rapproche alors encore plus du carnet de recherche comme journal presque intime, dans lequel on s’autorise à livrer des pensées encore en germes – à la différence que la conscience de publication pousse l’auteur à un niveau d’exigence supérieur. Les références mentionnées sont en bibliographie à la fin ou en liens directs.
Au sommaire :

Nos mémoires. Vietnam, les enfants oubliés

Résumé des Épisodes :

  1. Sénégal – Fils de Tirailleur
    Auteur : Karfa Diallo
    Ce récit poignant, écrit par Karfa Diallo, explore la lutte d’Abdoulaye Diallo, un tirailleur sénégalais, pour obtenir la reconnaissance et la pension méritées de la France. Les contributions et sacrifices des 300 000 hommes africains de l’Ouest, combattants dans l’armée française, sont soulignés.
  2. Martinique – L’Île Empoisonnée
    Autrice : Léa Mormin-Chauvac
    Léa Mormin-Chauvac dévoile l’histoire dramatique de la Martinique, marquée par l’utilisation massive du pesticide Chlordécone. Cet épisode met en lumière les conséquences sanitaires à long terme et le combat pour l’interdiction de ce produit toxique.
  3. Vietnam – Les Enfants Oubliés
    Auteur : Louis Raymond
    Louis Raymond nous plonge dans le récit de Néjame Aboubakar et d’autres enfants d’Indochine, rapatriés en France. Leur intégration forcée et la perte de leur culture natale sont évoquées, ainsi que la transmission mémorielle de cette expérience d’exil et de déracinement.
  4. Polynésie – Le Mirage Nucléaire
    Autrice : Titaua Peu
    Titaua Peu raconte les impacts de 193 essais nucléaires en Polynésie française. Elle aborde la promesse illusoire du progrès et les conséquences environnementales et sanitaires, dévoilant une réalité souvent occultée.
  5. Guyane – Atteinte à la Sûreté de l’État
    Autrice : Lauriane Nembrot
    Lauriane Nembrot explore les dynamiques de l’indépendantisme guyanais et la répression étatique française. L’épisode soulève des questions sur le statut administratif de la Guyane et son histoire marquée par les conflits politiques.

 

 

Regarder Ru, point de vue de Pascal Huynh [ressource]

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/807182/idees-regarder-ru-tant-quebecois-origine-vietnamienne

Dans ce texte d’opinion, Pascal Huynh partage ses impressions après avoir vu l’adaptation au cinéma du roman Ru de Kim Thuy.

Lire aussi Habiter au Vietnam pour se décoloniser – Pascal Huynh

Voir cette contribution sur la carte ASIan MIGration MAP.