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Diaspora et conscience de la dispersion

L’auteur : Emmanuel Ma Mung, est chercheur au CNRS, spécialiste de la diaspora chinoise.

Mots-clés : approximation des individus, contiguïté spatiale, continUite temporelle, diaspora, migration, Monde-propre.

Résumé : Cet article pose la question de savoir comment un corps social satialement dispersé peut se
reproduire. La réponse proposée est que cette reproduction se réalise par la création d’un monde propre à la diaspora (un monde approprié à son existence) dans laquelle interviennent plusieurs processus : la représentation et la conscience de la dispersion qui sont à la base de la formation d’une subjectivité collective ; l’introduction de la question des origines qui permet l’invention d’une continuité
temporelle (généalogique) entre les individus ; l’approximation des individus qui permet de traduire le temps généalogique inventé en contiguïté spatiale imaginée et d’articuler ainsi un espace et un temps propres à la diaspora, un espace-temps approprié.

Le principe même d’une diaspora est de se constituer en dehors de l’espace géographique d’origine de celle-ci. Beaucoup d’études se concentrent sur la construction culturelle de la communauté, ici, l’auteur insiste sur le rapport à l’espace géographique et à ce qu’il explique comme la conscience de la dispersion.

Cette conscience de la dispersion introduit la question des origines car elle permet aux membres de la diaspora de penser la dispersion comme distribution réglée à partir d’un point de départ et non comme simple pulvérisation d’atomes séparés. Elle met de l’ordre dans la dispersion en lui donnant un sens au double sens du terme : en lui donnant une direction (de l’origine vers le présent) et une signification (le corps social est le produit d’une histoire).

L’auteur aborde la question de la reproduction de la diaspora : comment un groupe social fait-il pour maintenir son identité de groupe ? Pour la diaspora, il faut alors se demander comment ce groupe s’est constitué historiquement. Pour le cas des Vietnamiens aux États-Unis, on comprend bien que la communauté s’est constituée à partir de l’évènement de la perte du territoire. Et la reproduction de la communauté passe par la transmission de cet évènement.
Comme il le précise, la diaspora n’est pas seulement la somme d’individus éparpillés. Le groupe s’est constitué à la fois dans la fuite du régime communiste mais également dans l’accueil par les États-Unis, vus et construits comme des sauveurs. Le nouveau territoire d’accueil étant alors une recréation du territoire perdu, en mieux.

De plus, il y a le sentiment de dispersion qui se traduit par une conscience du transnational appuyée par le fait que de nombreuses familles sont géographiquement éclatées, éparpillées avec des frères, des oncles, des cousins sur différents continents. L’article évoque aussi l’importance des outils numériques dans le renforcement du lien identitaire-communautaire des diasporas.

Ensuite, le chercheur considère les espaces communautaires culturellement marqués, comme les Chinatown pour la diaspora chinoise ou le Little Saigon, Little Hanoi des Vietnamiens, comme non seulement des plate-formes d’échanges culturels mais aussi une recréation du lieu d’origine. Il s’agit de recréer un lieu géographique auquel se rattacher. Cela est, encore une fois, d’autant plus vrai pour les Vietnamiens qui ont le sentiment d’avoir perdu leur pays.

Elles se présentent alors comme des fragments de Chine au delà des frontières : des Chines ultramarines.

Cela ajoute un ancrage géographique qui, bien que nétant pas situé géographiquement au même endroit que les parents ou ancêtres, revêt une dimension symbolique et des ressources culturelles bien différentes du simple pays d’installation des migrants.

Le concept de continuité généalogique vient apporter plus de nuances à la question des origines qui voudrait se contenter soit d’une réponse ethnique soit d’une réponse géographique du lieu de naissance. Il permet d’expliquer la complexité de la question des origines pour les membres de diasporas aux parcours familiaux complexes. On comprend alors qu’une famille d’origine chinoise mais dont les générations ont migré en Asie du Sud-Est dans différentes régions puis en Europe, par exemple, ne pourra se contenter d’une réponse simple.

Pour autant, l’auteur ne prend pas le temps de le préciser ici, mais on pourrait aussi répondre que le critère culturel, souvent porté par la langue, est un marqueur fort de l’identité du groupe en migration. Les minorités chinoises au Vietnam, par exemple, se considèrent géographiquement du Vietnam mais culturellement d’une ethnie ou d’une autre, dont ils parlent la langue.
Cela dit, le concept de continuité généalogique appuie l’idée que l’identité se rapporte toujours à une généalogie, une histoire familiale multifocale.

Cette origine « polytopique » en vient par une sorte de forçage logique, à être non pas un lieu unique (bien que celui-ci demeure comme référence quasi mythique) mais une multitude de lieux. En même temps, cette multiplicité est réunie par le geste généalogique, et c’est la dispersion même, le déploiement spatial du corps social qui devient matrice et s’offre comme espace d’origine.

Enfin, le concept d’approximation des individus est “l’opération qui consiste à mettre en proximité des individus, à estimer et juger que tels individus sont proches (plutôt que tels autres) et que ce faisant ils forment un ensemble”.

Pour le dire peut-être plus simplement, il s’agit d’insister sur le fait qu’un groupe social est constitué de membres mais que ces membres pour constituer ce groupe ont besoin de se rapprocher, dans tous les sens du terme.

Cette proximité est imaginaire au sens où elle est à proprement parler imaginée, car les individus peuvent être très éloignés physiquement. Elle se réalise ici le long de la ligne du temps (généalogie). Elle est donc diachronique. Mais comme toutes les choses nous apparaissent selon une dimension diachronique et une dimension synchronique, cette continuité diachronique appelle et impose même une continuité synchronique c’est-à-dire spatiale. L’approximation des individus d’abord diachronique dans notre exemple appelle sa contrepartie synchronique. C’est cette continuité synchronique que j’appelle contiguïté spatiale ou, plus précisément, géographique.

Se rapprocher de manière diachronique, à travers le temps, avec ses ancêtres, c’est se rapprocher de la mémoire, de la culture où des lieux dans lesquels ont évolué les générations qui nous ont précédé. Ce concept est très important dans la culture vietnamienne où cette idée de discontinuité dans le temps est affaiblie par le fait que les esprits des anciens sont toujours aussi avec nous, dans nos foyers. Pour autant, cela demande un certain soin, une volonté de maintenir ce lien avec le lieu, le territoire, la maison qu’elle soit d’origine ou refondée ailleurs.
Sur ce point, il y aurait beaucoup à étudier l’importance de la maison, du foyer, chez les Vietnamien.nes et d’autant plus dans un contexte post-migratoire.

La mémoire collective en diaspora, Michel Bruneau

“LES TERRITOIRES DE L’IDENTITÉ ET LA MÉMOIRE COLLECTIVE EN DIASPORA”
Michel Bruneau

L’espace géographique, 2006/4 Tome 35 pp. 328-333

L’auteur s’intéresse à la diaspora grecque d’Asie mineure pour illustrer des hypothèses générales.

La diaspora se construit à partir d’une perte, d’un déracinement. L’installation dans le pays d’accueil et le maintien de la culture se passe par des signes mnémoniques qui ont pour rôle de rappeler les lieux perdus.
L’identité se maintient grâce à une iconographie.
Dans ses études de cas, ces iconographies sont conservées dans des lieux religieux.
Il évoque d’autres lieux commémoratifs qui reprennent l’iconographie propre à l’identité en question, et qui en sont les vecteurs.

Il rappelle que l’enjeu est de faire face “au danger de dilution et d’assimilation dans les sociétés d’accueil ou d’installation”. Pour ça :

 En diaspora, les ve c t e u rs de la mémoire communautaire sont la langue, l’éducation dans la famille et à l’école (maison familiale, bâtiment scolaire), la religion (sanctuaires), la vie associati ve (bâtiments associatifs), mais aussi certains lieux ou espaces publics (monuments, quartiers ethniques, restaurants, cimetières,…) et les rituels commémoratifs qui leurs sont associés.

Il généralise aux diasporas l’idée du trauma transgénérationnel, la nécessité d’honorer les morts et le devoir de mémoire chez les différentes générations.

Il distingue deux modèles :

“l’autochtonie” sur lequel se base l’état-nation moderne : l’identité s’élabore sur le lien entre l’histoire et le territoire.

“en diaspora” l’identité culturelle pré-existe au territoire et cherche à s’y intégrer, à se l’approprier sur le plan symbolique.

L’individu ou la communauté d i a s p o rique se trouvent dans des lieux qu’ils n’ont pas produits et qui eux-mêmes sont porteurs d’autres identités. Ils vont donc chercher au sein même de ces lieux à créer les leurs, qui leur soient propres et qui renvoient ou se réfèrent à d’autres lieux, ceux au sein desquels s’est constituée leur identité, celle de leurs parents, de leurs ancêtres, leurs lieux d’origine .

diaspora algérienne en nouvelle-calédonie

“Entre mémoire collective et émergence diasporique, le cas des descendants d’Algériens en Nouvelle-Calédonie”
Rachid Oulahal, Zohra Guerraoui et Patrick Denoux

L’étude porte sur un petit échantillon. Après le rappel du contexte historique, colonial de migration, les auteurs expliquent les négociations identitaires des différentes générations.

Il y a une situation particulière de déracinement et de mise en “porte-à-faux” puisque les Algériens ont été amenés de force, et sont donc à la fois déracinés et imposés aux autochtones.

Ensuite, on retrouve des analyses qui semblent se retrouver dans beaucoup de diasporas : le silence des générations précédentes, le manque de documents, la volonté de comprendre l’histoire familiale.

On y trouve le coupe conceptuel filiation / affiliation qui fait le lien entre la filiation généalogique, génétique, ethnique et la construction du sentiment d’appartenance à un groupe social. Cela oppose l’identité de l’origine (Algérie) et l’identité sociale du lieu vécu (Nouvelle-Calédonie).

Une nuance intéressante précise la différence entre une curiosité pour le pays d’origine et la véritable envie d’aller là-bas. “Ils sont curieux d’y aller mais ils n’ont pas l’envie d’y aller.” Je pense que cette distinction se retrouve chez beaucoup de descendants de minorités diasporiques, et explique qu’une curiosité n’est pas forcément synonyme de la volonté d’aller aux sources.

L’étude porte sur différentes générations et il est intéressant de voir que la question de la transmission se pose quand les personnes sont en situation de parents, avec un intérêt, une conscience de la transmission qui se porte sur les faits historiques à transmettre : ce qui s’est passé, la raison du pourquoi ils sont là où ils sont. Ceci supporte une “recherche de la vérité”. Pour les descendants, la conscience de l’héritage se porte également sur la connaissance de ces faits historiques, de ces connaissances, de ces informations.

Une partie s’intéresse à la dimension interculturelle et montre que les identités, toujours en négociations, se construisent par un équilibre de valeurs empruntées aux différentes cultures.

Pour les Algériens intérrogés, la religion vient soutenir cette transmission culturelle. La langue joue un rôle important également, ce qui se retrouve dans beaucoup de situations similaires.

L’article se termine sur une distinction entre le migrant transnational et “l’être en diaspora”, d’après Bruneau, qui est créateur de son espace dans l’exile, sur laquelle il pourra (re)produire une identité et une mémoire collectives.

 

Topohilia, Yi-Fu Tuan

Topohilia, Yi-Fu Tuan

C’est le lien affectif entre les gens et leur milieu.

Cela s’appuie sur les sens (nos perceptions animales ?).

Il existe dans la nature des couples d’opposition et chaque culture résoud ces tensions de manière différente. Cela débouche sur des cosmologies, des discours sur le monde.

L’homme a cette tendance à se situer au centre du monde.

 

La perception de la nature, d’un paysage dépend de son usage (fermier vs. touriste). Le touriste, le visiteur ou toute personne extérieure apporte un regard frais, une nouvelle perspective sur les choses.

Un chapitre s’attarde sur l’idée que la culture conditionne notre rapport à la nature. Il distingue les habitations “charpentées” (carpented dans le texte) ou manufacturées, et non-charpentées. Cette distinction oppose les formes rectangulaires aux formes naturelles plus arrondies.

L’idée de topophilie concerne les réponses, les réactions de l’humain à son environnement, en terme esthétique ou dans son contact à la nature, et la conscience des liens passés, cela étant inévitablement lié à la conscience de l’urbanisation.

Topophilia, p.93

 

Je m’intéresse à ce concept dans la perspective d’interroger une certaine pratique de pèlerinage, le tourisme des racines, d’un point de vue qui dépasse la seule analyse culturelle. J’entends par là qu’il y a une dimension symbolique et presque ontologique à venir sur la terre de ses ancêtres. Une réflexion sur le rapport au milieu, au territoire paraît donc nécessaire pour explorer ce thème.

Cette note est complètement arbitraire et ne prétend aucunement constituer une recension exhaustive et encore moins objective d’un ouvrage ou expliquer un concept. Pour autant, en partageant des notes et réflexions personnelles, j’espère éveiller la curiosité et ouvrir la discussion.

Lieux de mémoires – Pierre Nora

Les lieux de mémoires sont des appareils mnémo-techniques, pour se souvenir, mais n’ont rien de neutre politiquement ou socialement. Ils ont été créés pour produire et reproduire, servir l’état-nation. Ils servent à l’outillage mental.

loci memoriae en latin.
Ce concept fait l’objet de débat quant à sa traduction, on peut alors préférer le terme français.

L’avènement de la mémoire, Pierre Nora

Source : Nora Pierre, « L’avènement de la mémoire », Le Débat, 2020/3 (n° 210), p. 232-234. DOI : 10.3917/deba.210.0232. URL : https://www-cairn-info.scd1.univ-fcomte.fr/revue-le-debat-2020-3-page-232.htm

L’explosion de ces mémoires [des minorités] a eu pour effet, notamment, de modifier le statut respectif et les rapports réciproques de l’histoire et de la mémoire. […] L’histoire était le domaine du collectif ; la mémoire, celui du particulier. L’histoire était une, la mémoire plurielle.

 

Raconter l’héroïsme ordinaire de la diaspora vietnamienne, entretien avec Clément Baloup.

Déjà 5 tomes parus aux éditions La Boîte à Bulles

Le jeudi 3 décembre 2020, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Clément Baloup, dessinateur, illustrateur, bédéiste et auteur d’une série de romans graphiques consacrés aux histoires des diasporas vietnamiennes. En tant que doctorant qui m’intéresse aux dynamiques de mémoire au sein des familles d’origine vietnamienne, je profite de cette occasion pour l’interroger sur son expérience personnelle mais c’est surtout son travail de chercheur qui m’intéresse. L’auteur qui signe tout juste le cinquième ouvrage de cette série me confie alors son processus de travail, ses échanges avec les protagonistes de ses histoires mais aussi avec son lectorat. La discussion est donc structurée autour de l’idée de raconter de bonnes histoires qui soient inspirées et documentées par les vies de celles et ceux qui ont fait et font la grande Histoire. Son dernier album – que vous devez absolument vous procurer pour compléter votre collection – Les Engagés de Nouvelle-Calédonie, est édité par La Boîte à Bulles.

Capture de l’échange en ligne.

Nodey

Nodey est un artiste beatmaker, musicien, d’origine vietnamienne. Ces épisodes racontent à la fois son parcours artistique et personnel, de son départ de France jusqu’à son retour au Vietnam.

https://www.youtube.com/watch?v=36na4KbUYds&fbclid=IwAR1hvFq6yXElaAi_SdpMBYrQQLjWh_s9fy1QuA1Xyq3ZrAj8c5E5NOtY0Hk&ab_channel=Nodey

https://www.youtube.com/watch?v=fZxiL_4sw4U&ab_channel=Nodey

https://www.youtube.com/watch?v=gE6ZwK6hu-M&ab_channel=Nodey

ethnie – Grégoire Schlemmer

L’ethnie, une catégorie ambiguë

Si au Laos toute personne est officiellement censée avoir une ethnie d’appartenance, lorsqu’au Laos le terme ethnie (son phao) est employé dans le langage courant, il désigne l’ensemble des groupes du Laos, à l’exception des Lao. On retrouve un tel usage de la notion d’ethnie à l’œuvre dans de nombreux rapports des organisations
non gouvernementales (ONG) et d’organisations internationales, le principal domaine de production d’informations au Laos. Ceux s’intéressant à la question ethnique distinguent souvent les Lao de l’ensemble des autres groupes, regroupés sous le terme de « ethnic groups ». Il en va de même dans le domaine du tourisme : aller voir les ethnies, c’est aller voir les non-Lao.
Dans son usage commun, le terme d’ethnie est donc associé à minoritaire. Mais de facto, il exclut aussi les gens issus de nationalités différentes et installés au Laos, soit avant tout les Chinois et les Vietnamiens 3. Implicitement, l’ethnie désigne donc un
groupe démographiquement, mais aussi géographiquement et surtout politiquement, minoritaire.

“Questionner la question ethnique Lecture historique et politique des appartenances culturelles au Laos”

Moussons n° 25, 2015-1, 5-37

Histoires d’une nation

Les «Histoires d’une nation» sont celles de toutes ces générations venues faire leur vie dans un nouveau pays, la France. Elles racontent 150 ans de l’histoire de France, 150 ans qui ont conduit à ce qu’aujourd’hui, un quart de la population française trouve ses racines à l’extérieur du territoire. De Michel Drucker à Camélia Jordana, de Ramzy à Estelle Mossely, enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants d’Italiens de Polonais, d’Arméniens, de Russes, d’Algériens, de Marocains, de Cambodgiens ou de Chinois, célèbres ou inconnus, racontent leurs histoires familiales. La série débute quand la IIIe République, traumatisée par la défaite face aux Allemands et la guerre civile de 1871, décide de construire une véritable nation. Dans chaque village, chaque quartier, tout le monde doit se sentir français.

Site officiel

Ressembler à l’ennemi : race et l’héritage de la guerre du Vietnam (notes) – FR

11 November  2020 — Un groupe d’experts explore les répercussions du conflit vietnamien-américain dans les deux pays, depuis le conflit jusqu’à aujourd’hui. Les intervenants présents sont  Roger Harris, Karen L. Ishizuka, Lynn Novick, et Viet Thanh Nguyen. La discussion est facilitée par Michelle Yun Mapplethorpe, directrice artistique de la Asia Society Triennial et directrice de la Asia Society Museum à New York.  L’échange dure 1h03 et voici quelques citations les plus importantes.

Looking Like the Enemy: Race and the Legacy of the Vietnam War (notes) – EN

November 11, 2020 — A group of experts explores the reverberations of the American-Vietnam War across the two countries’ cultures from the war’s outset to the present day. Speakers include Roger Harris, Karen L. Ishizuka, Lynn Novick, and Viet Thanh Nguyen. The conversation was moderated by Michelle Yun Mapplethorpe, artistic director of the Asia Society Triennial and director of the Asia Society Museum in New York. (1 hr., 3 min.)

Ce que retourner en Thaïlande m’a appris. (Lien)

Blog d’un américain d’origine thaïlandaise, en anglais.

www.halfy.co

So much of what makes me who I am today stems from the decision to move to Thailand.

Despite living here for 11 years, meeting hundreds of people all across Thailand, I still don’t feel like I fit in.

I have a staunch belief that every “halfie” should spend an extended period of time in both of the countries that their parents are from in order to truly understand themselves and the opportunities that are available being mixed.