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Les 7 branches – Adam Nguyen, 2026 (Documentaire)

Ce documentaire autoproduit, écrit et réalisé par Adam Nguyen, dure une cinquantaine de minutes. Il donne la parole aux sept enfants de ses grands-parents, qui retracent la trajectoire de leur père et de leur mère. Il convient de le préciser d’emblée : il s’agit avant tout d’un film intime, construit comme un récit familial. On peut dès lors s’interroger sur l’intérêt qu’un tel récit de vie, consacré à un homme et une femme nés en Asie puis installés avec leur famille en région parisienne, peut présenter pour un public extérieur à ce cercle familial.
Sur le plan formel, le documentaire repose principalement sur une série d’entretiens menés par le réalisateur avec ses oncles et tantes, qu’il désigne comme les « sept branches », en référence à leur place dans l’arbre généalogique. À travers ces échanges, il revient sur les différentes étapes de l’existence de ses grands-parents : celle du grand-père, d’origine indienne, et celle de la grand-mère, vietnamienne. Le film adopte ainsi une structure chronologique, allant de l’enfance au Vietnam aux années passées en Inde, puis à l’arrivée en France, à l’installation dans le pays d’accueil, au vieillissement et, enfin, au décès successif du grand-père puis de la grand-mère.
D’un point de vue technique, l’ensemble est soigné. La mise en scène demeure sobre : les témoignages se succèdent dans un dispositif d’entretien classique, mais efficace, soutenu par un montage fluide. Le film mobilise également des photographies familiales, des archives visuelles et quelques images filmées issues de fonds extérieurs. À cela s’ajoutent deux ou trois images vraisemblablement générées par intelligence artificielle, utilisées pour illustrer certains souvenirs.
L’intérêt du documentaire, pour un chercheur travaillant sur les enjeux de mémoire, réside dans la manière dont un descendant organise la collecte et la mise en récit de la parole familiale. Le film permet d’observer les questions posées, les modalités de réponse et, plus largement, la construction d’un récit intergénérationnel. Certes, le spectateur n’a pas accès à l’ensemble du matériau recueilli : le montage opère nécessairement une sélection. Or cette sélection constitue précisément un objet d’analyse. Elle révèle ce que le réalisateur, à la fois collecteur, monteur et héritier, juge digne d’être transmis. Même lorsqu’il cherche à rester fidèle aux témoignages, son travail implique des choix subjectifs, sensibles et narratifs. En rendant cette matière publique, il ne se contente donc pas d’assembler des souvenirs : il leur donne une forme cohérente, susceptible d’être reçue par des spectateurs extérieurs à la famille.
La progression du film ne relève pas seulement d’un ordre chronologique. Elle s’organise aussi autour d’un motif central, explicitement formulé au début comme à la fin du documentaire : celui du sacrifice. Ce sacrifice est attribué aux grands-parents, mais il est également perçu par leurs enfants, qui en deviennent les témoins et les interprètes. Ce thème est fréquent dans les récits de descendants de personnes immigrées. L’exil, la migration, le déclassement social et la perte de privilèges y sont souvent associés à l’idée d’un effort parental redoublé, destiné à assurer aux enfants les meilleures conditions de vie possibles. Le documentaire apparaît ainsi comme un geste mémoriel et commémoratif, mais aussi comme un hommage explicite à deux figures fondatrices, assimilées au tronc familial par la métaphore de l’arbre généalogique.
Sur le plan historique, le film fournit seulement quelques repères permettant de situer les trajectoires individuelles dans un contexte plus large. Les raisons précises de la présence de cette famille indienne au Vietnam demeurent peu développées, même si elles peuvent être comprises dans leurs grandes lignes. L’offensive du Têt en 1968 et la chute de Saïgon en 1975 sont toutefois mentionnées comme des événements majeurs, venus bouleverser le projet familial et précipiter le départ, d’abord vers l’Inde, puis vers la France. Le documentaire s’inscrit ainsi dans une forme relativement classique de double récit biographique et familial, comparable à d’autres documentaires, mémoires ou récits de vie consacrés aux trajectoires migratoires. Son originalité tient moins à son dispositif qu’à la manière dont il incarne cette histoire : le récit est clairement construit, accessible, et rend perceptible l’adaptation progressive de la famille à des contextes successifs.
Plusieurs éléments évoqués rejoignent des problématiques bien identifiées dans les travaux sur les migrations et l’exil : le déclassement social, la précarisation, mais aussi les expériences de racisme vécues par les enfants en tant que métis indo-vietnamiens. Au Vietnam, ils ne sont pas perçus comme suffisamment vietnamiens ; en Inde, ils sont critiqués ou rejetés parce qu’ils sont assimilés à des Chinois. Face à ces formes d’exclusion, les témoins, aujourd’hui âgés d’environ soixante à quatre-vingts ans, expriment une reconnaissance marquée envers la France et la société française, notamment pour l’accueil, l’intégration et les solidarités dont ils ont bénéficié à leur arrivée. Plus encore, le film suggère que la trajectoire migratoire a profondément marqué la psychologie des parents et leur manière d’exercer leur rôle parental. Le déclassement et la perte des ressources antérieures semblent notamment conduire la mère à une anticipation permanente du pire. La réussite familiale se trouve finalement associée, comme cela est indiqué à la fin du documentaire, à l’accession à la propriété et à l’achat d’un pavillon.
Les questions d’éducation occupent également une place importante. La dureté et la sévérité parentales peuvent être interprétées à la fois au regard de la culture d’origine et de la situation de précarité produite par l’exil. Le motif du sacrifice implique aussi une forme de pression exercée sur les enfants, même si cette dimension demeure peu explicitée dans le film. Celui-ci adopte en effet une tonalité très bienveillante à l’égard des parents disparus et ne propose pas de véritable lecture critique. Ce choix est compréhensible au regard de la fonction mémorielle et hommageante du documentaire, mais il limite l’exploration des tensions éventuelles au sein de la famille. Les difficultés évoquées restent principalement extérieures : elles relèvent de la guerre, de l’exil, de la précarité ou du racisme, plutôt que des relations internes au couple, à la fratrie ou au groupe familial élargi. Aborder ces dimensions supposerait certes d’en disposer et d’accepter de les rendre publiques ; cela permettrait toutefois de saisir plus finement la complexité des relations familiales en contexte migratoire.
Dans ses dernières minutes, le documentaire aborde le vieillissement, les derniers instants des grands-parents et l’expérience du deuil, notamment celle de la grand-mère devenue veuve. Il montre ensuite la reconfiguration des liens familiaux autour du soin apporté à cette femme désormais seule, puis les effets de sa disparition sur les enfants. Cette séquence, bien que brève, ouvre une réflexion sur la fin de vie, la transmission et la disparition progressive d’une génération.
Enfin, le film laisse entrevoir la présence des générations suivantes, sans véritablement approfondir leur rapport à cette histoire. On comprend pourtant, comme cela est affirmé en conclusion, que le documentaire leur est aussi destiné. Il serait dès lors intéressant d’interroger leur propre relation à la mémoire familiale, au pays d’origine, à l’histoire migratoire et aux formes de transmission culturelle. Le discours demeure en effet relativement homogène : il propose le double portrait d’un homme et d’une femme, raconté par leurs enfants à travers les souvenirs d’une enfance présentée comme globalement heureuse, malgré la guerre et l’exil. Cette perspective rappelle, par certains aspects, le travail de Marcelino Truong. Si le rapport des oncles et tantes à la France apparaît relativement apaisé, on aimerait en savoir davantage sur leur rapport à l’histoire, aux appartenances nationales et culturelles, ainsi qu’à ce qu’ils souhaitent transmettre à leurs propres enfants. Le documentaire se présente finalement comme un témoignage filial adressé aux parents disparus, clos par des paroles d’amour et de gratitude.

 

Débridé Stories – Caroline

Dans ce deuxième épisode de Débridé Stories, on rencontre Caroline, femme d’origine vietnamienne qui revient sans détour sur une vie tiraillée entre deux cultures, deux éducations, deux versions d’elle-même. Derrière le sourire… il y a une vraie histoire. Dans cette interview, Caroline parle sans filtre de : son éducation vietnamienne et le poids des attentes familiales les complexes qu’elle a traînés — et d’où ils viennent vraiment sa relation à la liberté, ce qu’elle a dû conquérir sa vie au Vietnam et ce que ce pays représente pour elle ce qu’elle dirait aujourd’hui à la petite fille qu’elle était

Festival Cinémasio 2026

Cinemasio fait son premier festival !

Du 20 au 22 mars 2026, au Forum des images, à Paris.

-> Retrouvez tous les détails de la programmation et la billetterie.

https://www.cinemasio.com/festival

We Were the Scenery – Christopher Radcliff (Short movie documentary)

Dans son ouvrage Nothing ever dies, et dans son roman The Sympathizer,  Viet Thanh Nguyen critique avec force la figure des Vietnamien.nes qui apparaissent à l’écran, dans les productions hollywoodiennes, mais dont l’absence est marquée par le fait de n’être que des figurants, des monstres, des ennemis. Ce court documentaire explore, à partir d’un cas concret, ce paradoxe de l’absence et de la présence à l’écran, nourrissant les réflexions sur la mémoire de la guerre et de la migration vietnamiennes.

Filmed on location in Vietnam, the Philippines, and Long Beach, CA, We Were the Scenery is a short documentary based on the experiences of writer Cathy Linh Che’s parents, two Vietnam War refugees who, while in a refugee camp in the Philippines, were utilized as background extras in Apocalypse Now.
Tourné au Vietnam, aux Philippines et à Long Beach, en Californie, We Were the Scenery est un court métrage documentaire basé sur les expériences des parents de l’écrivaine Cathy Linh Che, deux réfugiés de la guerre du Vietnam qui, alors qu’ils se trouvaient dans un camp de réfugiés aux Philippines, ont été utilisés comme figurants dans Apocalypse Now.

Shortlisted for the 98th Academy Awards for Best Documentary Short Film, We Were the Scenery premiered at the Sundance Film Festival in 2025 where it won the Short Film Jury Prize for Nonfiction. It has been selected for the 2025 DOC NYC Short List and is a 2026 Cinema Eye Honors Nominee.
Sélectionné pour le 98e Oscar du meilleur court métrage documentaire, We Were the Scenery a été présenté en avant-première au Festival du film de Sundance en 2025, où il a remporté le prix du jury du court métrage documentaire. Il a été sélectionné pour la liste restreinte du DOC NYC 2025 et est nominé pour les Cinema Eye Honors 2026.

2025 / U.S.A. & Canada / Runtime: 15 minutes / Vietnamese with English subtitles

For Your Consideration | Best Documentary Short Film

Director|Réalisateur : Christopher Radcliff

Writer and Producer|Scnénario et Production : Cathy Linh Che

Producer & Cinematographer |Production et Direction de la photographie : Jess X. Snow

Executive Producers | Producteurs exécutifs : Su Kim, Viet Thanh Nguyen, Kelly Marie Tran, Grace Lay, Sevasti Buford, Akemi Look, David Moon Ki Lee, Alicia Fujun Lew, Jungyoon Kim, Andreas Nicholas, Anthony Dinh Tran, Mingran Yamira Yang, Linhao Zhang

Publicity|Publicité : David Magdael PR

Distribution : Travelling Distribution, Parallax Films

 

 

Koï Europe – la première revue dédiée aux communautés asiatiques à travers l’Europe.

Koï Europe

Koï Europe est la première revue dédiée aux communautés asiatiques à travers l’Europe.

Une édition bilingue (français / anglais) et au format papier, réunissant des reportages et portraits réalisés de la Suède à la Hongrie, de l’Ukraine au Royaume-Uni, en passant par l’Allemagne, la France, l’Italie et la Suisse.

À travers ces récits, Koï Europe propose une vue d’ensemble inédite des communautés d’Asie de l’Est et du Sud-Est en Europe, et une autre manière de raconter l’Europe à travers ses diasporas asiatiques.

EN 
Koï Europe is the first editorial project dedicated to East and Southeast Asian communities across the European continent, offering an unprecedented overview of their stories and experiences — from Sweden to Hungary, from Ukraine to France.
A beautifully crafted object to keep and share, filled with in-depth content meant to be revisited over time.
A bilingual edition, in French and English, created to tell Europe through its Asian diasporas.

Foliating Memories de Kim Doan Quoc

Foliating Memories de Kim Doan Quoc

Exposition dans la serre

Foliating Memories de Kim Doan Quoc

Sélectionnée au Salon de Montrouge 2025, l’artiste Kim Doan Quoc investit la serre du musée avec son projet Foliating Memories

Du 10 mars au 26 avril 2026
« L’installation Foliating Memories de Kim Doan Quoc s’inscrit dans une démarche qui met en résonance les collections du musée avec les thèmes de l’archive, de la mémoire et du végétal. Inspirée par son travail de recherche sur le Vietnam, l’artiste propose une création inédite nourrie des images d’archives de la Mission Vietnam des Archives de la Planète.

Pour ce projet, elle collabore avec Marvin Freyne, doctorant en anthropologie et géographie, dans le cadre de Foliating Memories, une initiative pluriannuelle menée au Vietnam et soutenue par la bourse Atomes crochus de l’ADAGP. Leur partenariat tisse un dialogue fécond entre art et sciences humaines, en particulier la géographie humaine — discipline marquée par l’héritage de Jean Brunhes, directeur scientifique des Archives de la Planète.

L’œuvre aborde la Seconde Guerre d’Indochine, plus connue sous le nom de guerre du Vietnam, en rendant visible la réalité des victimes de l’agent Orange. Elle propose également une réflexion profonde sur l’évolution de la mémoire collective et des représentations de ce conflit.

Foliating Memories sera présentée dans le corps central du palmarium du jardin français du musée. »

En savoir plus sur le site internet du musée Albert-Kahn

Cambodge L’art devant l’extrême De Rithy Panh à la jeune génération – Soko Phay

Cambodge. L’art devant l’extrême

Au Cambodge, environ deux millions de personnes – soit près du quart de la population – ont péri entre 1975 et 1979, à la suite de déportations, de meurtres de masse et de famines. Face au génocide perpétré par les Khmers rouges, l’art est un défi que les artistes doivent surmonter. Rithy Panh, Vann Nath, Séra, Svay Sareth ou encore, dans la seconde génération, Davy Chou, Vandy Rattana, Guillaume Suon, Jenny Teng n’ont eu de cesse de faire œuvre de mémoire pour s’élever contre le déni et l’effacement des morts sans sépulture.
Cinquante ans après le début des massacres dans son pays, Soko Phay revisite les relations entre le témoignage et la fiction et montre comment les œuvres mémorielles donnent à penser les séquelles profondes au sein de la société cambodgienne. Par ses ressources symboliques, la création permet de dévoiler ce qui a été dérobé au regard, tout en assurant le travail de transmission des événements non-inscrits dans l’histoire officielle.
Cet essai sur la représentation de l’extrême s’accompagne d’un récit personnel dans lequel l’autrice revient sur les traces de l’exil, depuis la ville de Samrong, d’où sa famille a fui les Khmers rouges, jusqu’au camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise.

Soko Phay est professeure en histoire et théorie de l’art à l’Université Paris 8. Elle a consacré de nombreuses publications à l’art devant l’extrême, dans ses relations avec la mémoire et l’histoire. Elle a notamment dirigé ou co-dirigé : Cambodge, l’atelier de la mémoire (2010), Cambodge, cartographie de la mémoire (2017), Les Génocides oubliés ? (2020), Le Paysage après coup (2022) et Rwanda, l’atelier de la mémoire. Des archives à la création (2022).

Préface de Richard Rechtman, anthropologue, psychiatre et directeur d’études à l’EHESS.

Cet ouvrage a bénéficié du soutien du CNRS dans le cadre d’un accueil en délégation au Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL – UMR 8566 CNRS/EHESS), ainsi que de l’aide à l’édition du CRAL et de l’Unité de recherche Arts des images et art contemporain (AIAC / Université Paris 8).

Philosophie du retour : penser les mobilités transnationales

À la suite de mes recherches sur les mobilités transnationales et diasporiques des jeunes générations, notamment issues des migrations vietnamiennes, j’ai signé un article qui s’interesse aux questions philosophiques liées aux enjeux écologiques. En effet, si la question de l’avion principalement pose débat sur l’empreinte écologique, la répartition des droits à la mobilité doit être pensée en prenant en compte le rapport spécifique que les un.es et les autres entretiennent avec les différents territoires. Cette réflexion s’inscrit dans une démarche entamée il y a plusieurs années, lorsque j’ai notamment décidé de retourner au Vietnam sans prendre l’avion, et toutes les interrogations sur ma propre posture qui avait mené à des lectures et l’animation d’ateliers sur la “décolonisation du tourisme” organisés à Rennes avec l’association déConstruire en 2018.
La revue Œconomia Humana a non seulement accepté de publier cet essai mais également soutenu un format libre qui donne la place à d’autres voix, d’autre formats, pour inventer les mobilités du futur, c’est à lire ici pour la partie plus académique et à explorer ici pour les contributions plus artistiques que j’ai eu le plaisir de coordonner avec Lệ Hà Vu.

Sur Reporterre est paru un billet de Rania Daki qui s’intéresse à ces questions.
Une émission sur France inter s’est également penchée sur la question, à écouter : le voyage est-il à décoloniser ?

Plusieurs comptes insta publient régulièrement des réflexions sur le sujet, notamment https://www.instagram.com/decolonial.voyage/

Conférences de Laura Marin sur l’histoire et la mémoire à Paris – Mars 2026

Laura Marin est maîtresse de conférences (lecturer) au Centre d’excellence dans l’étude de l’image, rattaché à la Faculté des Lettres de l’Université de Bucarest. Formée à Bucarest, Paris, Genève et Lausanne, elle inscrit son travail d’enseignement et de recherche dans un dialogue interdisciplinaire entre philologie, théorie critique de l’image et étude des matérialités culturelles.

Ses recherches actuelles portent sur les formes de réactivation des archives visuelles dans les pratiques de création contemporaine (arts du texte et arts de l’image), qu’elle analyse dans une perspective qui croise les politiques de la mémoire et l’épistémologie de la transmission familiale et culturelle. Son dernier ouvrage, Filiation endeuillée : figures, styles, politiques de l’héritage dans la culture roumaine (no 36 de la revue Romània Orientale, Rome, Sapienza Università Editrice, 2023), co-dirigé avec Adrian Tudurachi, propose une réflexion critique sur les dynamiques de l’héritage dans le contexte roumain.

Elle a également traduit en roumain deux ouvrages fondamentaux de Georges Didi-Huberman – Devant l’image (În fața imaginii, Cluj-Napoca, Tact, 2019) et Devant le temps (În fața timpului, Cluj-Napoca, Tact, 2021) –, contribuant ainsi à diffuser sa pensée dans le champ des études visuelles en Roumanie.

CONFÉRENCES

Arts et archives : la question de l’histoire

Les pratiques de création contemporaines qui font de l’archive un matériau artistique ouvrent un espace de pensée et de sensibilité où le rapport à l’histoire s’éclaire sous un nouvel angle. Dans ces démarches, l’archive devient un outil critique, permettant d’explorer les zones d’opacité de l’histoire et de l’envisager comme un champ mouvant, polyphonique, voire polémique. Un focus sur des projets d’écrivains, d’artistes et de cinéastes de l’Europe de l’Est qui travaillent avec l’archive dans des contextes postcommunistes nous permettra d’examiner de plus près quelles formes peut prendre la connaissance historique.

Dans le cadre du séminaire de Pierre Antoine Fabre, Pratiques spirituelles, régimes discursifs, rapports sociaux.

  • Lundi 2 mars 2026 | 12h30 – 14h30
    Campus Condorcet, Centre de colloques • Salle 3.06

Arts et archives : la question du temps

L’usage mémoriel des archives dans les pratiques de création contemporaines interroge profondément notre rapport au temps, en déconstruisant ses dimensions historique et chronologique. Ces pratiques ne se contentent pas de convoquer les archives comme simples traces ou témoins du passé : elles se fondent sur un désir de penser le présent à travers un mélange de temporalités passées et futures. Dans le cadre de ce séminaire, nous analyserons différentes modalités d’expérimenter et de représenter le temps, à partir d’un travail de recherche et de création mené par plusieurs artistes en Roumanie sur une archive photographique vouée à la disparition, car associée après la chute du communisme à un passé révolu et indésirable.

Dans le cadre du séminaire de Giovanni Careri, Image, conformation, incorporation. Histoire de l’art et anthropologie de l’image chrétienne à l’époque moderne.

  • Mardi 10 mars 2026 | 10h – 12h
    INHA, 2 rue Vivienne 75002 Paris

 

L’éthos de l’héritier à l’âge contemporain

Pour l’homme contemporain, le rapport au passé se redéfinit à travers la question patrimoniale (transmission, filiation, héritage). Dans un contexte historique et culturel marqué par la multiplicité des mémoires et des héritages, une nouvelle figure d’héritier émerge dans l’imaginaire collectif, qui engage un dialogue à la fois critique et créatif avec ce qui lui vient du passé. Dans le cadre de ce séminaire, nous explorerons ce qui bâtit l’éthos d’un tel héritier à travers des exemples de travaux littéraires, artistiques et philosophiques qui se présentent comme tout autant de manières d’interroger ce que c’est « venir après ».

Dans le cadre du séminaire de Gérard Béaur et Fabrice Boudjabaa, Familles : alliances, transmission, reproduction sociale, territoires, XVIIIe– XXe siècle.

  • Vendredi 13 mars 2026 | 15h – 17h 
    EHESS, 54 bd Raspail 75006 Paris • Salle A04_47

La mémoire familiale comme objet critique

Ce séminaire propose une réflexion sur le recours croissant à la mémoire familiale que font, à présent, nombre de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales pour repenser la manière dont se construit un savoir. En s’appuyant sur une lecture croisée de plusieurs essais d’historiens, de spécialistes de la littérature et de l’art, il s’agira d’observer que la mémoire familiale est un point d’entrée pour questionner non seulement les notions traditionnelles d’autorité, d’objectivité et de transmission, mais aussi pour comprendre le savoir comme un processus situé, affectif, pluriel et conflictuel, qui se déploie au croisement de l’individuel et du collectif.

Dans le cadre du séminaire de Judith Lyon-Caen, Histoire et littérature,1800-1950.

  • Vendredi 20 mars 2026 | 10h30 – 12h30 
    Campus Condorcet, Humathèque • Salle 2.14

Tout ira bien – Mathieu Lam

🎥 TOUT IRA BIEN réalisé par Mathieu Lam Sélection officielle Nikon Film Festival 2024 SYNOPSIS Dans un restaurant vietnamien, un couple commande du phở, déclenchant une réaction étrange chez la serveuse. Le chef, plongé dans un voyage émotionnel intense, prépare le plat emblématique tout en luttant contre des souvenirs douloureux et un héritage complexe lié à la recette.

ăn cơm – Clément Thanh Danh LÊ

“Ce jour-là, je perdrai tout ce qu’il y avait de vietnamien en moi”

La vidéo présentée par l’artiste, joue sur des récits visuels et textuels, montrant le travail de son père dans la cuisine de son restaurant vietnamien comme une sorte de rituel intime, presque sacré. La cuisine incarne à la fois un espace de création et de mémoire, où chaque geste, chaque ingrédient porte une signification multiple : c’est un lien entre deux générations, mais aussi un lieu de tensions. Les recettes vietnamiennes sont reconstituées mais s’éloignent de la tradition : elles doivent s’adapter à un nouveau contexte, une nouvelle langue, tandis que certains mots, intraduisibles, demeurent en suspens dans le silence.

L’artiste se reconnaît dans cette cuisine, y trouvant son propre reflet, dans l’entre-deux. Un panneau publicitaire détourné accompagne la vidéo, jouant sur les mots et les points

d’interrogation, il amène une dimension d’ironie et met en évidence l’introspection

identitaire de l’artiste, teintée de confusion.

Cette installation incite à réfléchir sur la force du rituel, la fragilité de la mémoire et le poids de la transformation, qui mènent à la perte et au silence.

(Texte descriptif écrit par Houda Bensebaa)

ăn cơm, 5’45, 2024

Réalisation : Clément Thanh Danh LÊ

Composition musicale : Jolan-Mihej Garcia-Papazian

Traduction-Interprétation : Ella Ward & Maya Minder

Mise en ligne le 3 déc. 2024 à 14:21

Voir la vidéo sur le site vimeo

New Wave Documentary – Elizabeth Ai

“New Wave : Rebellion and Reinvention in the Vietnamese Diaspora célèbre la rébellion, la réinvention et la renaissance de la joie chez cette jeune génération en proie à un vide culturel. À travers des essais rédigés par d’éminents universitaires, critiques et stars vietnamiens, New Wave explore comment la musique, la mode et la rébellion peuvent être une force de guérison. New Wave est une lettre d’amour adressée à la première génération de punks et de rebelles vietnamiens qui ont atteint leur majorité dans les années 1980.”

Lire un article (anglais) sur Saigoneer

Voir le site officiel