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Nguyen Duc Moc incarne un petit bout de la grande histoire de la fièvre de Mai 68

Le Monde.fr
vendredi 18 mai 2018 2675 mots

Nguyen Duc Moc incarne un petit bout de la grande histoire de la fièvre de Mai 68

Militant communiste vietnamien, Nguyen Duc Moc était ouvrier à l’usine Renault-Billancourt. C’était aussi un maître du Vô, l’art martial de son pays natal. Le club qu’il fonde en 1957 formera une partie de la gauche radicale qui se révoltera en Mai 68. Nadia Sweeny

Sur la pointe nord de l’île de Puteaux, des dizaines d’ouvriers en rang exécutent des gestes précis et simultanés. Leurs mains fendent l’air. Leurs jambes frappent un adversaire invisible. Bâtons longs, manches de pioche et sabres jonchent le sol, prêts à servir pour les prochains exercices. À leur tête, un petit homme sec et tout en muscles, Nguyen Duc Moc, organise cette chorégraphie menaçante.

Nous sommes à la fin des années 1950. Entre deux bras de Seine, dans cet Ouest parisien pas encore toisé par la skyline de la Défense, se forme un curieux groupe de combattants, qui se réunit régulièrement sous le regard des passants médusés : la fédération de Vô Vietnam.

Moc, ouvrier spécialisé à l’usine Renault-Billancourt, fait les choses bien. Il se rend en préfecture, le 15 novembre 1957, où des fonctionnaires indifférents enregistrent les statuts de son association d’art martial, présentée comme un espace de promotion artistique et culturelle. Le Vô, discipline aux influences chinoises du Nord-Vietnam, se pratique à Hanoï depuis des lustres. Mais chaque maître invente son style. Celui de Moc sera le Son Long Quyên Thuât – les techniques de combat de la montagne du dragon.

Cet ancien tirailleur indochinois est arrivé à l’usine en 1948, alors âgé d’une trentaine d’années. C’est un révolté parmi les révoltés, dans ce creuset des luttes ouvrières. Il a transité dans les camps de travailleurs du sud de la France, avec 30 000 de ses compatriotes enrôlés de force en juin 1940 pour soutenir l’effort de guerre. Mais il n’a jamais rompu le lien avec sa terre d’origine. Il milite discrètement en faveur d’Hô Chi Minh, son grand homme.

 

Article entier à lire dans le Monde :

https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/05/18/1968-l-annee-du-dragon_5301160_4497186.html

Mots-clés :

l’usine Renault-Billancourt, art martial, 1957, gauche radicale, mai 68, Puteaux, Fédération de Vô Vietnam, Nord Vietnam, Hanoï, Son Long Quyên Thuât, tirailleur indochinois, Hô Chi Minh, communiste, cour des Petites-Écuries, Paris, Ghislaine Kalman, Mouvement communiste français marxiste-léniniste, trotskiste, UGVF, Oquinarenne, rue Le Verrier, Gérard Dijoux, Washington, Malek Larbi, Vietcongs, Nguyen Trong Dac, Neuilly-sur-Seine, 1973, 1940, Milan, Lotta, Nova Velia, Turin, GI, Yves Corboz, 1966, Alger, Lausanne, Suisse, Nadia Sweeny